CHAPITRE VII
Guzman prend le chemin de Bologne , dans V espérance de rencontrer dans cette ville Alexandre Bentivoglio , son voleur , et de le poursuivre en justice.
Lorsque nous fûmes arrivés à la troisième poste , nous y fîmes une pause pour prendre de la nourriture et du repos, deux choses dont j’avois un extrême besoin, puisque depuis vingt-quatre heures je n’avois ni mangé ni dormi. Après cela nous tînmes conseil, mon confident et moi, sur ce qu’il nous convenoit de faire.
11 me semble, dis-je à Sayavedra, que nous devons sans balancer aller à Bologne. J’ai un pressentiment que nous y rencontrerons Alexandre Bentivoglio; et, si je suis assez heureux pour le trouver, je ne doute point cpie, par accommodement ou par la voie de la justice, je ne recouvre une bonne partie de mes effets. J'approuve votre idée, me répondit mon confident; louons des chevaux et partons pour Bologne. Mais permettez moi, s’il vous plaît, de vous représenter les périls où je m’expose en paraissant dans cette ville. Je crois , comme vous, qu’ Alexandre y est; et si, pour mon malheur, il me voit, il voudra savoir ce qui m amène à Bologne. S’il apprend que j’y suis venu avec vous, il devinera votre dessein et prendra la fuite, ou bien il