LIVRE IV, CM AP. Vil
de leurs amis? Non, Dieu merci, me repartit-il avec précipitation; quoiqu'ils soient d'une condition plus relevée que la mienne, je semis bien fâelié d avoir des parents ou des amis de leur caractère.
Après avoir fait ces deux questions, ce me semble assez prudemment, je racontai I histoire du vol de mes coffres. Le solliciteur m'écoula d’un grand sang-lroid, et comme un homme qui n'étoil point du tout surpris de ce que je lui disois. Il m'avoua même que dans Pologne on étoit accoutumé à entendre les exploits du sieur Alexandre, qui n’en faisoit point d'autres qui ne fussent de la nature de celui dont je venois de parler : mais je ne sais, continua-t-il, si, quand vous aurez intenté un procès à votre voleur, vous en serez plus avancé. 11 a pour père un terrible mortel, qui s'est mis au-dessus des lois par la méchanceté de son esprit, et que tous les habitants de celte ville craignent comme le feu. Je vous conseillerais plutôt de faire parler secrètement à ce redoutable père, qui peut-être aimera mieux en venir à un accommodement que de souffrir que cette affaire éclate : c’est le meilleur moyen dont vous puissiez vous servir pour rattraper une partie de ce que vous avez perdu. Je répondis au solliciteur que j’étois fort de son avis, et qu’outre l’aversion que j’avois pour les procès, je jugeois bien que je ne gagnerais pas grand’cliose à poursuivre un voleur qui se trouvoit fils d’un homme pareil à celui qu’il venoit de me dépeindre. Je le pressai ensuite de se charger de celte commission lui -même; et comme il témoignoit de la répugnance à se mêler d’une affaire désagréable à l'avocat Jîentivoglio, je lui promis une bonne récompense s il pouvoit