GUZMAN D’ALI- AH AG NI
réussir. Il ne put tenir contre cette promesse, et surle-champ il eut le courage d’aller chez le père du sieui Alexandre.
Mon solliciteur ne tarda pas à revenir. Il avoit l’air si peu content, qu’il ne me fut pas difficile de deviner qu’il avoit perdu sa peine. Aussi me dit-il que le superbe avocat l’avoit fort mal reçu; qu’au lieu de vouloir s’accommoder, il avoit pris au point d honneur la proposition qu’on lui en avoit faite; qu'il s’en tenoit tellement offensé, qu’il sembloit que je fusse le voleur et son fils le volé ; et qu’enfm il avoit vomi feu et flamme contre moi. Je me déterminai donc, puisqu’on m’y forcoi t , à implorer le secours de la justice. Le solliciteur me pria de l'excuser s’il refusoit de m’être de quelque utilité dans cette affaire, attendu que le père de ma partie l’avoit menacé de l’envoyer à l’hôpital avec toute sa famille, s’il apprenoit qu’il me rendît directement ou indirectement le moindre service. Du moins, lui dis-je, enseignez-moi le nom et la demeure de quelque bon jurisconsulte. 11 balaneoit à me faire ce plaisir, tant il craignoit les Bentivoglio; mais remarquant que je tirois de l’argent de ma poche pour payer les pas qu’il avoit faits pour moi, il me nomma un avocat très habile, honnête homme même, et de plus, ennemi secret de mes parties, en me suppliant de ne dire à personne qu'il me l’eût indiqué.
J’allai trouver cet avocat, à qui je fis aussi un détail du vol fait à Sienne. 11 prit la parole lorsque j’eus achevé de parler. Toute la ville de Bologne, me dit-il, sait déjà cette aventure. Alexandre est revenu charge d habits qu'il a fait ajuster à sa taille, et qu d dit avoir gagnés