‹ Œuvres de Le Sage (volume 5)Chapitre 281 sur 322 · LIVRE VT, CH AP. IL · texte numérisé non relu

LIVRE VT, CH AP. IL

filtre nous, je ne crois pas que vous puissiez vous tirer île leurs pâtes qu'aux dépens de votre bourse, .le pense connue vous, repris-je, qu'il n’y a pas d’autre moyen de terminer promptement et sans bruit cette affaire. Je vous conjure, ajoutai-je en lui glissant secrètement dans la main une bague de douze à quinze pistoles, de vous mêler de cet accommodement. Il mit la bague à son doigt, et me répondit d'un ton d’alguazil qu’il a 1 loi t. trouver ces dames, et que si elles refusoient de se désister de leur poursuite contre moi , il les menaceroit de son attention à leur conduite, ce qui ne manqueroit pas de les rendre raisonnables.

En achevant ces mots, il me laissa dans la salle avec ses arebers, qui, faisant briller à mes yeux la pointe de leurs hallebardes, me tinrent en respect jusqu’à son retour. Si l’hôtesse, que je regardois avec raison comme l’auteur de cette fourberie, eut été présente, je me serois un peu soulagé en l’apostrophant dans les termes qui lui convenoient; mais pour éviter mes reproches elle avoif pris la fuite à la vue de ces limiers de justice. Je n’étois pas sans inquiétude en attendant le résultat de la conférence qui se tenoit dans l'appartement de mes parties : je n’étois pas assez assuré de la fidélité de mon procureur, pour le croire plus dans mes intérêts que dans ceux de ces créatures. Néanmoins, il agit rondement dans cette occasion. Il les obligea de se contenter de cent pistoles, dont il y en eut vingt pour lui. Je bénis le ciel d’en être quitte à si bon marché. Je sortis de l'hôtellerie pour n’y jamais rentrer, et je me retirai dans ma maison, fort satisfait de voit que cette aventure n avoit pas fait le moindre bruit.

G U Z Ai A N D’AL F A R A C H L .

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