CHAPITRE III
Guzman recherche la Jille du banquier, et l’épouse. Suites
de ce mariage.
Aussitôt que je fus débarrassé d’Hélène, de sa mère et de mon hôtesse, je m’abandonnai entièrement à mon nouvel amour. Je ne songeai plus qu’à devenir gendre de don André, qui, de son côté, craignant que je ne m’embarquasse dans quelque commerce de galanterie, avoit autant d’impatience de me donner sa fdle que j’en avois de l’obtenir. J'allai dès le lendemain chez ce banquier, qui me retint à dîner. Sur la fin du repas, ma future parut comme par hasard. Je me levai d’abord pour la saluer et lui témoigner la surprise agréable que son arrivée me causoit. Elle répondit d’un air modeste à mon compliment, et voulut en même temps se retirer. Son père l’arrêta : Eugénie, lui dit-il, demeurez avec nous : ce convive est de mes amis, et je suis bien aise de vous le faire connoître en vous permettant de vous entretenir avec lui. Je ne manquai pas de le remercier d’une si grande faveur, dont je parus charmé , et à laquelle dans le fond j’élois encore plus sensible que je ne le paroissois.
J’entrai donc en conversation avec Eugénie, et pour comble de joie, don André, sous prétexte d’avoir quelques lettres à lire, se retira dans un coin de la salle où nous étions, pour nous laisser un peu plus libres. S il en usa en cette sorte pour me faciliter un doux entre-