CHAPITRE X
Guzman se trouve dans la plus cruelle situation oh il se soit jamais trouvé ; mais le cieljinit tout h coup ses peines , et lui fait, recouvrer la liberté.
J’Etois très content de mon sort auprès de ce jeune chevalier, qui faisoit si bonne chère, que des restes de sa table j’avois de quoi bien régaler une partie de mes camarades. J’en aurois surtout fait part à Soto , malgré ce qui s’étoit passé entre nous, si ce mauvais homme, que l’envie tenoit toujours armé contre moi, n’eût pris soin de nourrir ma haine par les discours médisants qu'il tenoit de moi, tant aux valets de mon maître qu’à ceux du capitaine. Ces domestiques, qui ne m’aimoient guère ni les uns ni les autres, l’écoutoient avec plaisir, et ne manquoient pas d’aller rapporter à leurs patrons tout le mal qu’ils lui entendoient dire de moi ; et entre autres choses , que je guettois l’occasion de faire un bon coup, et ([ue tôt ou tard le chevalier me connoitroit pour un fripon.