‹ Œuvres de Le Sage (volume 5)Chapitre 71 sur 322 · LIVRE l, CH AP. IX · texte numérisé non relu

LIVRE l, CH AP. IX

du logis fut le premier qui débrouilla 1 idée confuse qu'il avoit des traits d'Ozmin; et quand il fut assure qu’il ne se méprenoit pas, il 1 embrassa avec transport, en lui disant : Quel bonheur pour moi de rencontrer un homme à qui je dois la vie! Je ne me trompe point , c’est vous qui m’avez sauvé de la fureur d’un taureau le jour des dernières courses. Seigneur, lui répondit le Maure en souriant d'un air modeste, vous venez de. bien payer ce service en me retirant d’un danger oii j’aurois infailliblement péri sans votre secours. Mon, non, reprit don Alonse de Zuniga; je suis en reste tic générosité avec vous. Dans le temps que vous \ înles me dérober à une mort certaine, je ne vous a vois pas donné sujet d exposer vos jours pour conserver les miens.

Ils passèrent le reste de la nuit à s'entretenir. Don Vionse, qui s'imaginoit qu’Ozmin s'appeloit effectivement don Jaymé Vives, et qu'il étoit amoureux de doua Elvire, lui conta tle quelle façon il avoit appris toutes ses affaires. Cela m’a donné envie, ajouta-t-il, de faire connoissance avec vous; et pour la commencer, je suis entré cette nuit dans le jardin de. don Louis. De plus, comme j’aime Daraxa, l'intime amie de votre maîtresse, j’ai pensé que notre liaison deviendrait utile à nos amours.

Quoique le seigneur maure eût de la répugnance à cacher ses sentiments, il ne voulut point détromper Zuniga : il crut qu’il étoit de la prudence de passer pour don Jaymé. Après un long entretien, don Alonse conduisit son bote à l’appartement qu'il lui avoit fait préparer et l’y laissa reposer; ensuite il se retira dans

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