LIVRE XI, CIIAP. VII f. T
et |o inc tins prêt à exécuter sans scrupule tous les ordres dont il jugeroit à propos de me charger.
Pendant que j'étois ainsi disposé à dresser de nouveaux autels à la fortune, Scipion revint de son voyage, .le n'ai pas, nie dit-il, un long récit à vous faire. J’ai charmé ies seigneurs de Leyva , en leur apprenant l'accueil (pie le roi vous a fait lorsqu’il vous a reconnu, et la manière dont le comte d’Olivarès en use avec vous.
J’interrompis Scipion : Mon ami, lui dis-je, tu leur aurois fait encore plus de plaisir, si tu leur avois pu dire sur quel pied je suis aujourd’hui auprès de monseigneur. C'est une chose prodigieuse que la rapidité des progrès que j’ai faits depuis ton départ dans le cœur de son excellence. Dieu en soit loué, mon cher maître, me répondit-il : je pressens que nous aurons de belles destinées à remplir.
Changeons de matière, lui dis-je; parlons d’Oviédo. Tu as été aux Asturies. Dans quel état y as- tu laissé ma mère? Ah! monsieur, me repartit-il en prenant tout à coup un air triste, je n’ai que des nouvelles affligeantes à vous annoncer de ce coté -là. Oh ciel! m’écriai - je, ma mère est morte assurément! Il y a six mois , dit mon secrétaire , que la lionne dame a payé le tribut à la nature, aussi- bien que le seigneur Cil Perez, votre oncle.
La mort de ma mère me causa une vive affliction, quoique dans mon enfance je n'eusse point reçu d’elle ces caresses dont les enfants ont grand besoin pour devenir reconnoissants dans la suite. Je donnai aussi au bon chanoine les larmes que je lui devois pour le
gil ruas.
soin cju il avoit ou de mon éducation. Ma douleur, à la vérité, ne fut pas longue, et dégénéra bientôt en un souvenir tendre que j ai toujours conservé de mes parents.