CHAPITRE XIV
Santillane va chez le poète Aunez. Quelles personnes il y trouva, et quels discours y f urent tenus.
Dîner de gens de lettres. — Disputes et paradoxes.
ir. me prit envie, une après-dînée, d’aller voir le poète des Asturies, me sentant fort curieux de savon de quelle façon il étoit logé. Je tne rendis à l’hotel du seigneur don Bertrand Gomez del Ribero , et j y demandai JNunez. 11 ne demeure plus ici , me dit un laquais qui étoit à la porte ; c’est là qu il loge a présent, ajouta-t-il en me montrant une maison voisine ; il occupe un corps de logis sur le derrière. J’y allai ; et, après avoir traversé une petite cour , j’entrai dans une salle toute nue, où je trouvai mon ami Fabrice encore à table, avec cinq ou six de ses confrères qu il régaloil
ce jour-là.
Ils étoient sur la fin du repas, et par conséquent en train de disputer; mais aussitôt qu’ils m’aperçurent, ils firent succéder un profond silence à leurs bruyants entretiens. Xunez se leva d’un air empressé pour me recevoir , en s’écriant : Messieurs, voilà le seigneur île Santillane qui veut bien m’honorer d une de ses visites; rendez avec moi vos hommages au lavon du premier ministre. A ces paroles, tous les convives se levèrent aussi pour me saluer, et, en faveur du titre qui m’avoit été donné, ils me firent des civilités très respectueuses