‹ Œuvres de M.A. JayChapitre 15 sur 48 · PROLOGUE · texte numérisé non relu

PROLOGUE

Ménédème , Athénien de la tribu des Eumolpides, avait à peine atteint l'âge de trente ans, et déjà sa santé commençait à s'afiaiblir. Il épuisa vainement les ressources de la médecine ; enfin , accablé d'ennuis , au milieu de toutes les jouissances du luxe, il s'avisa de faire un voyage à Épidaure , et de présenter un coq d'or à Ëaculape , dans l'es*

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poir d'obtenir la prompte goérison de ses maux. Le prêtre reçut l'offrande avec em^ proasement , consulta le serpent sacré , et dit à Mënëdème :

a Retournez dans votre pays; allez voir Théophraste , il vous donnera des conseils ntlles.

1» — Je ne connais d'autre Théophraste , observa l'Athénien , qu'on philosophe qui s'a* muse à chercher les causes de la pluie et du beau temps , et à peindre les caractères des hommes. Je ne crois pas qu'il ait jamais exercé l'art de la médecine.

y> — N'importe ! répfiqua le prêtre. Eseulape ne pevt vous tromper , et vous devea avoir confiance dans ses oracles

-» — Je ne suis pas si dope que vous pensez , répondit Ménédème; vous ou Ësculape , vous vous moquez de moi. Si ce Dieu ne peut me guérir , un mortel aura-t^l plus de puissance? Rendez-moi mon coq, et je pars.

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» *- Profane ! s'écria le prêtre , ton coq est déjà consacré dans la chapelle du Dieu , et tu es trop heureux qu'il vienne de partir pour le conseil-d'état de l'Olympe : il aurait puni tes blasphèmes en te foudroyant de quelque bonne apoplexie. »

Ménédème , effrayé de cette menace , n'insista pas davantage , et retourna tout pensif dans la cité de Cécrops. Quelques jours après, il fit part de cette aventure à un de ses amis, qui lui conseilla d'obéir à l'oracle.

a Que risquez- vous? lui dit- il ; votre pballer sera de tourner le philosophe en ridicule, et de convaincre Esculape de mensonge.

Qui sait si ce vieux fou de Théophraste n'a pas quelques secrets contre l'ennui et le dégoût de l'existence. Il se mêle de chimie , et j'ai ouï dire qu'il avait découvert un cosmétique qui est en vogue dans tous nos gynécées.

y^ — £h bien ! soit , répondit Ménédème ; je verrai Théophraste , quoiqu'il n'y ait rien

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de bon à espérer d'an homme qui cultive la philosophie (i). iH

Le lendemain , Ménédëme alla voir Théophraste , qui occupait derrière le Pécile une petite maison élégamment bàlie. Ce phildso-* phe , qui travaillait alors à l'hktoire générale desplanles, examinait dans son jardin un chamœnérion d'Égjpte , d'une espèce rare , qui lui avait été envoyé par un de ses correspoh* dants de Memphis (s). Ménédème Vàborda poliment , et lui raconta ce qui s'était passé à Épidaure.

(i) Je doute que cette dernière pensée se trouve dans J'original. Elle a un air moderne qui m*a frappe. Je tâcherai de me procurer le manuscrit , et je verrai à cette plurase n'y a pas été glissée innocemment par le traducteur.

{Noie de Freeman,)

(a) 11 nous reste encore de Thëophraste neuf livres de riûsloîre des plantes.

{Note de V Éditeur.)

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a fitteolape me fut trop dlio&near y répottdit Tbéophraste ; je croyais ce dieu brouille avec les philosophes.

B -^ Il faut , répliqua Ménédème , qu'il te sok raccommodé avec eux depuis que Socrate, en mourant , lui a offert un coq en sacrifice^

j> > — Gela se pourrait bien , reprit Tbéophraste. Promenons- nous , et voyons de quoi il s'agit. Toute mon expéiienee est k rotre 8er?ice« d

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