‹ Œuvres de M.A. JayChapitre 34 sur 48 · MASCARADE DE COMUS · texte numérisé non relu

MASCARADE DE COMUS

A l'époque où Milton composa cet opéra j l'art dramatique avait fait peu de progrès en Angleterre. Shakspeare , Ben Johnson , et quelques autres écrivains , avaient travaillé pour le théâtre ; mais leurs ouvrages , quelque mérite qu'on veuille leur accorder sous d'autres rapports , se ressentaient de l'enfance de l'art* Un fait curieux , qui n'a pas été remarqué même en Angleterre , c'est que Milton est le premier poète de cette nation qui ait observé la règle des trois unités recommandées par Aristote , et, ce qui vaut mieux encore, par la raison. Ainsi Milton a eu, comme Corneille , la gloire de retrouver les lois es-

sentielles du drame ; la seule différence qui existe entre eux , c'est que Corneille a perfeo tionné la scène française , et que Milton n'a point fait d'école.

On représente quelquefois en Angleterre l'opéra de Comuê; je l'ai vu jouer à Philadelphie. La représentation produit peu d'effet. L'action est trop simple pour ce genre de drame, et le style est trop épique pour soutenir l'attention du spectateur, qui , au lieu de métaphores et de dissertations morales , vou-drait qu'on l'intéressât par le langage et le mouvement des passions.

Xes Anglais ont fait cependant à cet opéra quelques changements qui lui donnent un peu plus de vie et d'intérêt. Je me servirai dans cette analyse , selon que je le jugerai nécessaire , de la pièce originale ou de celle qui a été adoptée par les comédiens de Drury-Lane et de Covent-Garden. Les personnages de cet opéra sont : Gomus ; une princesse, et ses deux frères égarés dans la forêt où Cornus a établi son séjour j deux génies; Euphrosine, l'one

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des tn»8 Grâces ; Sabrina , déesse de la rivièle de Saveme ; suite de Gomos ; bergers danfleurs.

La scèse est dans une foiét peu ëloigaëe da ch&teaa de Lndlow.

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