LS MA JOB
La mère prend le titre de comtesse de Bataroski, et la jeune personne joint à ce nom celui de Fauliska.
FRBBICAN.
Fort bien. Quelle est votre intention?
LB HAJOB.
Mon ami , je couche en joue la belle Fauliska; elle sera bien fine si elle m'échappe; j'ai déjà mis mes limiers en campagne, et avant la fin du jour j'aurai formé mon plan d'attaque.
FBBBMAN.
Auriez-vous le projet d'épouser cette jeune fille?
4a NICOLAS PRBBMAN.
LB MAJOH.
Fi donc! mou ami, ua homme comme moi se marier; vous u'y pensez pas ^ me trouvez*yous Tair et la tournure d'un ëpouseur? Personne ne connaît mieux que moi les désastres inévitables attachés à la condition des maris ; cette idée est une offense que vous me faites. Non : j'aime Pauliska; elle m'aime de tout son cœur, la pauvre enfant; et nous nous passerons bien de notaire pour être heureux. La nature, mon ami, vive la nature ! Demandez plutôt au philosophe?
FHBBMAN.
Voilà comme on abuse des termes. Quand le philosophe vous exhorte à vous rapprocher de la nature , il entend par là vous rappeler à ces sentiments que nous portons gravés dans nos coeurs , qui sont approuvés par la raison et autorisés par les lois. Mais ce n'est pas de cela qu'il s'agit. Permettez - moi de vous dire que je ne saurais approuver votre conduite ; la morale que vous professez me parait détestable. Quoi ! vous vous pro-
NICOLAS PaBKMAN. 4^
poses de séduire cette jeune PoloBiise; et, dans la aapposition qu'elle vous aime , pour prix de son attachement, vous lui ravires rhonneur y voua l'exposerez à être rejetëe de sa famille et de la société , dont elle eût fait l'ornement ! Ces yeux qui vous ont enflammé, vous les condamnerez à des larmes étemel^ les ; ce cœur virginal , aussi pur que k lu* œiére du jour , vous le livrerez à toutes les horreurs de l'infanoûe et du désespoir ! Avez-^ vous oublié qu'elle a une mère , et ne frémis^ sez-vous pas de Vidée de lui arracher sa fille, et de lui plonger ainsi un poignard dans h^ sein ? Faut*il s'étoaner si les femme$ cbev-' chent à se venger de notre sexe, si elles nous trompent sans remords, puisqu'on les traite avec tant de cruauté, et que le seul désir de la plupart des hommes est de les rendre aussi malheureuses que coupables.