‹ Œuvres de M.A. Jay (volume 2)Chapitre 15 sur 32 · NOTAS · texte numérisé non relu

NOTAS

» Capitule , où il y a voit bien vingt-cinq ou trente » temples, outre plusieurs maisons privées. Mais, » i la vérité , plusieurs conjectures qu'on prend » de la peinture de cette ville ancienne n'ont guère » dm vérisimiiitude , son plan même étant infini- » usent changé de forme , aucuns de ces vallons » étant comblés, voire dans les lieux les plus bas » qui y fussent , comme par exemple au lieu du » felabrum, qui, pour sa bassesse, recevoit l'égout » d« la Tille, et avoit un lac ; il s'est tant élevé des si monts de la hauteur des autres monts naturels > 31 qui sont autour de là, ce qui se faisoit par le tas » et monceaux des ruines de ces grands bâtiments ; » et le Monte Savello n'est autre chose que la ruine » d'une partie du théâtre de Marcel lus. Il croyoit » qu'un ancien Romain ne sauroit reconnoître l'as- » siette de sa Tille quand il la verroit.»

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Maie $i la Boette ne vivait plut pour lui y il vivait

pour la Boetie.

Je ne rapporte point ici ce que Montaigne dit de la Boëtie : le chapitre de l'amitié est du petit nombre de ces ouvrages que tout le monde connaît , et doit savoir par cœur. Je me contenterai de citer un

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passage de l'Histoire du président de Thon qui mon» tre l'idée qu'il s'était faite des deux amis :

« Etienne de la Boëtie , i peine Agé de trente- » trois ans ; conseiller au parlement de Bordeaux , » mourut i Sarlat en Périgord, lieu de sa naissance. » Il avaitun esprit admirable, une érudition vaste et » profonde, et une facilité merveilleuse de parler et » d'écrire. Il s'appliqua surtout 4 la morale et i la » politique. Doué d'une prudence rare et au-dessus » de son âge , il aurait été capable des plu» grandes » affaires s'il n'eût pas vécu éloigné de la cour, et si » une mort prématurée n'eût pas empêché le publie » de recueillir les fruits d'un si sublime génie. Noos » sommes redevables i Michel de Montaigne , son » estimable ami , de ce qu'il n'est pas entièrement » mort ; il a recueilli et publié plusieurs de ses ou- » vrages > qui font voir la délicatesse, l'élégance et » l'étonnante sublimité de ce jeune auteur. Je ne » puis omettre son A nthénoticon (la servitude vo- » Ion taire) , dont j'ai déjà fait l'éloge , qui fut pris » par ceux qui le publièrent en un sens tout-à-fait » contraire i celui .que son sage et savant auteur » avait eu en le composant. » (Hitt. unw. de J.-A. deThou, liv.XXXV.)

Montaigne était fait pour l'amitié. La célèbre

notes. 201

Marie deGournay, qui s'intitulait sa fille d'alliance, loi ftit sincèrement attachée •, et , quelque temps après la mort de son père adoptif , elle donna une nouvelle édition de ses œuvres. Cette édition , dédiée an cardinal de Richelieu , contient une préface de l'éditeur qui mérite d'être lue.

Montaigne, né en i533, a vécu sous les règnes de François I er , Henri II , François II , Charles IX > Henri 111 et Henri IV. Il avait été gentilhomme ordinaire de la chambre du Roi. Il succéda , dans la mairie de Bordeaux, au maréchal de Matignon -, et après quatre années d'exercice , il y fut remplacé par le maréchal de Biron. Le château de Montaigne est situé 4 deux lieues de la ville de Sainte-Foi, dans arrondissement de Libourne. 11 existe encore , ou du moins il existait il y a quelques années. On y voyait cette tour, dont parle Montaigne, où il avait placé sa librairie. Cette pièce était couverte d'inscriptions grecques, .latines et italiennes $ elle communiquaitau corps du bâtiment par une galerie d'où il voyait tout ce qui se passait dans les cours, et dans une partie des champs qui environnaient sa demeure. C'est 14 qu'un livre 4 la main , il conversait avec les anciens philosophes, pesait leurs opinions dans la balance du doute, et promenait son imagination féconde sur tous les objets qui peuvent intéresser

l'humanité. Quelques personnes ont imaginé qu'a penchait vers le stoïcisme» C'est une erreur. Les règles de conduite qu'il a constamment suivies prouvent qu'il avait adopté la morale de Socrate et celle d'Épicure > en rejetant ce qu'il y avait d'exagéré dans les doctrines du premier , et d'absurde dans le système physique du second. Il admirait les stoïciens ; mais il aimait Socrate, qu'il nomme son maître , et qu'il propose pour modèle aux hommes qui veulent se perfectionner par l'étude de la sagesse et par la pratique de la vertu.

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