MO VIE ET OUVRAGES
que l'auxiliaire de la vérité et l'instrument de la raison. Le théâtre , l'épopée , l'histoire, tous les genres de littérature , ne leur paraissaient dignes d'être cultivés qu'autant que les hommes pouvaient en recevoir des émotions patriotiques , de grandes leçons de morale , la haine du despotisme et de la superstition.
C'était l'école de Voltaire et de Montesquieu , elle avait été fondée par Fénelon , soutenue par Fontenclle , ou plutôt elle était la conséquence naturelle des progrès de l'esprit humain. On peut remarquer chez tous les peuples civilisés deux sdrtes de littératures : l'imagination est l'âme de l'une ; la pensée anime l'autre. La première peint avec fidélité les objets extérieurs , les passions de l'homme , les émotions du cœur, les rêves de la mélancolie ; elle n'a d'autre but que d'émouvoir et de plaire j c'est là sa perfection. L'autre, en conservant le même domaine , place l'utile à côté du beau : c'est l'union de la pensée et du sentiment qui en fait le charme et la perfection: c'est là ce qui élève thucydide au-dessus d'Hérodote , Horace au rang de Virgile ; ce qui recommande à la même admiration