‹ uvres de M. J. Chénier (volume 2)Chapitre 163 sur 179 · CHAPITRE Xll · texte numérisé non relu

CHAPITRE Xll

leurs par un sujet heureusement choisi, présente au second acte et partout un intérêt vif et des situations vraiment dramatiques. Sapho ^ représentée sur un autre théâtre , appartient toutefois au même genre , et ne saurait être oubliée. On doit cet ouvrage à madame Constance de Sahu. Une femme qui cultive avec succès la poésie française avait le droit de chanter une femme dont les fragmens lyriques sont comptés entre les beaux monumens de la poésie grecque.

Sous la régence du duc d'Orléans, lorsque la gaieté française éclatait dans les écrits et même dans les actions , le Vaudeville , si ancien parmi nous , prenant des formes dramatiques , s'établit modestement au préau de la foire. Le théâtre où il parvint à se maintenir, non sans beaucoup de difficultés, fut appelé l'Opéra-comique. Lesage et Piron ne dédaignèrent pas de contribuer à ses succès. Panard suivit ces hommes célèbres ; Favard et ensuite M. Laujon vinrent plus tard. Quand l'Opéra-comique, réuni à la Comédie Italienne , fut mis au rang des grands théâtres , tous deux l'ornèrent encore : l'un par quelques jolies pièces tirées des Contes Moraux de Marmontel ou des Contes charmans de Voltaire, l'autre par \ Amoureux de quinze ans^ intéressant ouvrage dont nous avons déjà saisi l'occasion de faire l'éloge. Marmontel enrichit cette scène lyrique de

petites comédies agréablement versiBées. Sedaine, qui ne savait pas écrire , mais qui savait peindre, y présenta des tableaux variés et nombreux, D'Hèle s'y fit remarquer par l'art de nouer et de dénouer une intrigue comique. Dans les Trois Fermiers et dans Biaise et Babet ^ M. Monvel peignit avec une ingénieuse naïveté les mœurs et les passions villageoises. Nina et Camille, de M. Marsollier, durent leurs succès à des situations pathétiques. Le ton de la comédie noble distingua Euphrosine et Stratonice de M. Hoffman, ouvrages conçus, écrits avec sagesse, et dignes d'être embellis par la superbe musique de M. Méhul. Durant notre époque , les trois derniers écrivains que nous venons de nommer ont mérité de nouveaux applaudissemens par des productions nouvelles; et M. Duval , auteur du Prisonnier^ s'est placé près d'eux. Pendant long-temps le vaudeville ne reparut plus sur cette scène , qui lui doit son origine. 11 y a vingt-cinq ans , M. Piis et M. Barré l'y rétablirent avec assez d'éclat. La Veillée villageoise ^ les Vendangeurs ^ les amours détè, offrent des tableaux pleins de vérité et d'agrément. Toutefois le Vaudeville a cédé l'opéra-comique aux comédies mêlées d'ariettes. Il est aujourd'hui en possession de plusieurs théâtres d'un ordre inférieur, et dont le répertoire n'entre pas dans le cadre où nous sommes contraints de nous renfermer.

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