‹ uvres de M. J. Chénier (volume 2)Chapitre 171 sur 179 · L'abbé Prévost · texte numérisé non relu

L'abbé Prévost

4o6 MÉLANGES LITTÉRAIRES.

bliait leur élévation. Ne doutons point qu'il n'ait souvent rougi de ses héros : aussi lui est-il arrivé quelquefois de se rétracter , du moins après leur mort. S'il n'eût rendu justice à la mémoire de ce cardinal de Fleuri, qu'il avait tant loué de son vivant, on pourrait croire que ses louanges étaient sincères , et qu'il avait eu le malheur de se tromper. Les hommes qui n'ont pas perdu toute pudeur conviendront qu'il vaut mieux se tromper grossièrement que de mentir à soi-même.

iMais peut-être a-t-il toujours écrit ce qu'il pensait; peut-être ne s'est -il désabusé qu'à la mort de ces hommes puissans dont il s'était fait le panégyriste. On est heureux, du moins, de se désabuser si à propos ; et il est assurément trèsprudent de rétracter les éloges qu'on a donnés à vingt ministres , quand on ne peut plus rien espérer ni rien craindre d'eux , et quand on est certain de plaire aux nouveaux favoris en rabaissant leurs prédécesseurs.

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