‹ uvres de M. J. Chénier (volume 2)Chapitre 174 sur 179 · FRAGMENS LITTÉRAIRES · texte numérisé non relu

FRAGMENS LITTÉRAIRES

QiTFXQUEs prosateurs ont assuré qu'il est aussi difficile d'écrire en prose qu'en vers ; ce qui n'est pas , parce que cela ne peut pas être. Ainsi Corneille, qui n'écrivait point la prose avec éclat, l'écrivait mieux qu'aucun de ses contemporains avant Pascal; Boileau l'écrivait avec beaucoup de pureté et d'élégance. Deux lettres polémiques de Racine, et un discours prononcé à l'Académie, démontrent non pas qu'il pouvait exceller, mais qu'il excellait dans la prose. Il ne lui a manqué dans l'Histoire de Port-Royal qu'un sujet moins oiseux et vraiment digne de la gravité de l'histoire. M. de Voltaire n'a guère eu de rivaux dans cette langue, qui n'est pas la langue poétique; et, pour en dire mon avis , sa prose est supérieure à ses vers. Molière , en son genre tempéré , écrivait également bien les deux langues. Au contraire, de beaux génies parmi les prosateurs sont audessous du médiocre quand ils veulent être poètes : c'est qu'il est plus aisé de descendre que de

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