CHAPITRE IIL J
gie, rend à fauteur de Zaïre, de Mahomet, d'Alzire et deMérope; et cet hommage n'étoimera, parmi nous, que des pédans hypocrites, aussi étrangers aux mœurs et aux véritables idées rehgieuses qu'à la justice et à la saine critique.
Au défaut des grands traités, l'époque a produit en France plusieurs recueils dignes d'une attention particulière. Nous devons à M. Suard cinq volumes de Mélanges de littérature^ où diverses productions de ses amis sont rassemblées avec les siennes. Quand il ne désignerait pas celles qui viennent de lui, un genre de mérite particulier les ferait aisément reconnaître. Son ouvrage le plus considérable est umq Histoire du Théâtre-Français, plus détaillée que celle de Fontenelle, et beaucoup moins longue que celle des frères Parfait. Son meilleur ouvrage nous paraît être un morceau de quelque étendue sur la vie et le caractère du Tasse. On doit aussi remarquer une notice sur La Bruyère, où cet écrivain si original est analysé avec autant de justesse que de précision; un écrit intitulé Fi-agmens sur le stjle; un excellent morceau sur le genre épistolaire et sur madame de Sévigné; un autre morceau plein d'intérêt sur le pape Clément XIV, et quelques pages trèsphilosophiques sur la certitude de l'histoire. Il ne faut pas oublier une lettre sur Gluck, adressée à lui-même durant les querelles musicales, ni un
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article sur Mozart, plein d'anecdotes piquantes et bien racontées. Ces productions, et plusieurs autres que nous pourrions citer encore, réunissent la politesse du style, la finesse des observations et le sentiment éclairé des arts.
Entre les ouvrages qui ne sont point de M. Suard, ceux de l'abbé Arnaud tiennent sans contredit la première place en cette collection. Son portrait de Jules-César, son discours sur Homère; ses articles sur Pindare, sur Catulle et sur quelques points de musique, attirent et captivent l'attention la plus difficile. Plusieurs dames figurent dans ce recueil : l'une d'entre elles se distingue par des observations relatives aux écrits de Sénèque, et, plus encore, par des lettres intéressantes sur un voyage à Ferney, trois ans avant la mort de Voltaire. On remarque aussi la Prise de Jéricho, petit poème où madame Cottin chante en prose la jeune Rahab, qui fut très-utile à Josué, quand il assiégeait cette ville. Une foule d'articles de littérature et de morale ont été composés par une autre dame , que l'éditeur ne croit point devoir nommer. Tant d'opuscules brillent -ils d'un mérite égal? Nous n'osons pas l'affirmer : il en est, sans doute, auxquels M. Suard fait honneur en les adoptant; nous nous bornons à dire que leur ensemble présente une lecture agréable. Il n'y faut pas chercher l'originalité, la profondeur, ni même une iuslructiou