‹ uvres de M. J. Chénier (volume 3)Chapitre 25 sur 50 · DANS LES POÈMES DRAMATIQUES · texte numérisé non relu

DANS LES POÈMES DRAMATIQUES

tJer l'unité de lieu, sans rendre la pièce ou mesquine ou invraisemblable. Cette extrême différence vient de ce que, dans l'action comique, il s'agit des intérêts d'une ou de deux familles de particuliers, et que, dans l'action d'une véritable tragédie, il s'agit presque toujours des intérêts d'un peuple entier.

Il est bien singulier que deux hommes d'un mérite fort commun , incapables d'écrire convenablement dix vers de tragédie, soient devenus les législateurs du théâtre français : ces deux hommes sont l'abbé d'Aubignac et Dacier. Ils ont répété si souvent, et, pour me servir du mot propre, avec tant d'effronterie ,« Les Anciens ont toujours ob- « serve les unités de tems et de lieu , « qu'on les a crus sur leur parole. Tous les successeurs de Corneille ont suivi les lois de l'abbé d'Aubignac. Ils auraient craint de contester un moment aux Anciens une perfection qu'on leur supposait.

Il n'y a pas un mot sur l'unité de lieu ni dans Horace, ni dans Aristote. Quant à l'unité de tems, Aristote dit seulement que la tragédie se renferme dans un tour de soleil , ûtto [Aiav Tcepioi^ov -riHou , ou du moins excède peu cet espace, vi {Awtpov i^aXkaiT- T8tv. Il ajoute que l'épopée n'a point de durée déterminée : ce qui n'est pas l'opinion des critiques modernes. Il ajoute encore que, dans les premiers tems, la tragédie ressemblait en cela même à l'é-

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