‹ uvres de M. J. Chénier (volume 4)Chapitre 193 sur 269 · F E IN É L O X · texte numérisé non relu

F E IN É L O X

Ami, n'écoutez point ce désespoir extrême: Le bonheur naît souvent du sein du malheur même; Et, quand Dieu le voudra, par des moyens secrets, A votre ame agitée il peut rendre la paix. Sur un fatal écueil vous avez fait naufrage;

3o8 FÉNÉLON.

Il n'appartient qu'à Dieu de dissiper l'orage : Epanchez votre cœur devant ce grand témoin; Attendez le moment, peut-être il n'est pas loin. D'un ministre du ciel tel sera le langage; Fénélon, votre ami, vous dira davantage: Je ne méprise point l'amour et ses douleurs, Et je n'ai point l'orgueil d'insulter à des pleurs. Je suis homme, et sensible aux passions humaines; Mon cœur est pénétré du récit de vos peines ; Elles s'adouciront auprès de l'amitié; Partageons vos chagrins , j'en prendrai la moitié ; Bénissons tous les deux le jour qui nous rassemble : Quelquefois, mon ami, nous pleurerons ensemble.

d'elmaisce.

Que vous m'attendrissez î que ce langage est doux ! Où prenez -vous ce ton qui n'appartient qu'à vous? La vertu d'elle-même est partout respectable; Vous doublez son empire en la rendant aimable. Je vous ai, Fénélon, lassé de mon malheur; Consolez-moi du moins avec votre bonheur; Que je puisse admirer l'éclat de votre vie : Vous méritiez sans doute un sort digne d'envie. La fortune en naissant vous a tendu les bras; Les plus brillans succès ont marqué tous vos pas; Vertueux sans orgueil, sage avec indulgence, Vous avez condamné vos rivaux au silence; Votre âme a triomphé (piand la mienne a gémi. Et la gloire...

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