‹ uvres de M. J. Chénier (volume 4)Chapitre 52 sur 269 · ACTE V, SCENE V · texte numérisé non relu

ACTE V, SCENE V

Son ombre gémissante est entre vous et moi. Au moment où mon front recevrait la couronne, Aux pieds des saints autels, sur les marches du trône, Je l'entendrais toujours, s'attachant à mes pas, Accuser mes honneurs fondés sur son trépas. Que d'autres, j'y consens, obtiennent en partage De votre amour cruel le sanglant héritage ! Et sur son échafaud que mon sang répandu Dans son généreux sang puisse être confondu ! Voilà tous mes désirs, c'est le sort que j'envie, Roi barbare , à vos pieds j'ai demandé sa vie ; A vos pieds maintenant je demande ma mort.

HENRI

Vous, mourir! vous!

JEANNE SEYMOUR

Frappez ; n'ayez point de remord.

Ah! puisque vous m'aimez, je suis votre complice. Ma haine vous punit ; c'est là votre supplice : Mais le votre est de vivre, et le mien doit finir, A des mânes chéris je vais me réunir.

C'en est fait... je t'entends. Oui , ton ombre m'appelle.

HENRI

Ses yeux se sont fermés , je la vois qui chancelle. Seymour!...

JEANNE SEYMOUR

Si votre cœur peut encore me chérir.

Soyez assez clément pour me laisser mourir.

HENRI, à part.

Prenez soin de ses jours. Entouré de victimes, J'ai peine à soutenir le fardeau de mes crimes.

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