‹ uvres de M. J. ChénierChapitre 77 sur 141 · SUR ERMENONVILLE · texte numérisé non relu

SUR ERMENONVILLE

J-JOiN des murs bruyans de la ville.

Je vais, sous l'ombrage des bois, Révérer dans Ermenonville Les mânes du grand Genevois.

Celui qui fit parler Julie, De la vérité seule épris , D'une douce mélancolie Échauffa ses divins écrits.

Jeune encor, de son éloquence J'ai su goûter l'austérité; Presqu'au sortir de mon enfance J'ai contemplé la vérité.

J'ai vu l'homme ennemi perfide , Habile et prompt à se venger.

ODE SUR ERMENONVILLE. 3oi

Ami léger, faux ou timide, Amant volage ou mensonger.

Son sort est de porter envie A ceux dont il est envié; Persécuté pendant sa vie, ï)e mourir, et d'être oublié.

Le présent fuit avec vitesse ; Le présent échappe à son cœur; Et, né pour désirer sans cesse, Il n'est point né pour le bonheur

Il en goûte au inoins l'apparence Dans le passé, dans l'avenir :

Si la jeunesse a l'espérance, La vieillesse a Ic; souvenir.

ODE

SUR

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