L'ASSEMBLÉE NATIONALE
x\.ux généreux accords ma lyre accoutumée Frémit de son repos, et volant sous mes doigts,
D'un zèle héroïque animée
Brûle de s'unir h ma voix.
Vous tous, 6 mes rivaux, amans de l'harmonie, La liberté si sainte et si chère au génie Aurait-elle pour vous des charmes impuissans ?
Dans ces fêtes patriotiques,
Pourquoi suspendre vos cantiques?
\ ({ui réservez-vous vos immortels accens?
Si l'on doit caresser l'audace et l'insolence. Des idoles de cour chanter les vils succès,
O Muses, gardez le silence;
Taisez-vous, lyres des Français!
Eloignons tous ces grands de nos divins mystères:
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Assez d'autres sans nous seront leurs iributaircs ; Qu'ils méritent l'éloge avant de l'obtenir :
Et n'allons point, flatteurs sinistres,
Valets des rois et des ministres, Déshonorer nos chants devant tout l'avenir.
O TOUS ! ([ui détestez l'orgueilleuse bassesse , Du nom de liberté remplissez vos écrits;
Instruisez, éclairez sans cesse
Un peuple de la gloire épris.
Anéanti long-tems, sans droits, sans équilibre. Qu'il comprenne à la fin ce que c'est quétre libre. De l'erreur, des abus, soyez, soyez vainqueurs;
Qu'aux jeux sacrés de Melpomène
Les traits de la grandeur humaine Courent en vers brûlans s'imprimer dans les cœurs.
Ahl faut-il voir encor, dans les tems où nous sommes. Sous des chefs orgueilleux des peuples sans fierté?
L'esclavage détruit les hommes ;
Ils sont grands par la liberté.
Mais si quelque Français, âme impure et flétrie, Méprise ton saint nom , vierge de la Patrie , Qu'il vive dans l'opprobre et meure abandonné;
Et que la cendre du perfide.
Comme une cendre parricide.
Répande, au gré des vents, un air empoisonné.
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Ton aspect réjouit le mont le plus sauvage, Au milieu des rochers enfante les moissons;
Par toi le plus affreux rivage
Rit environné de glaçons; Par toi, l'astre du jour, dont la lumière avare De rayons pâlissans couvre la Delaware, Éclaire un peuple heureux, actif, intelligent.
Sans toi, divinité chérie.
Le beau climat de l'Hespérie Sous d'opulens rayons offre un sol indigent.
Charles, fils d\m grand homme, et plus grand que son père, De tes droits abolis fut le libérateur;
Sous le gouvernement prospère
D'un conquérant législateur, On vit au champ de Mars s'assembler nos ancêtres; On vit le peuple Franc, ses nobles et ses prêtres. Tous enfans de l'État et son commun soutien;
Et le roi de l'Europe entière,
Plein de leur âme libre et fière , N'était au milieu d'eux qu'un premier citoyen.
Mais bientôt, à la force unissant l'artifice. De ce roi fortuné les enfans malheureux
Laissèrent tomber l'édifice
Construit par ses soins généreux.
Le glaive et l'encensoir, rivaux du diadème,
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Partageaient avec lui la puissance suprême; Le peuple fut contraint d'humilier son front :
Ramper devint sa seule étude;
Et de sa triple servitude La nation perdue osa chérir l'affront.
Tombe le souvenir de ces tems sacrilèges! Tombe de nos tyrans la vile ambition!
Fuyez, injustes privilèges,
Droits fondés sur l'oppression!
Fuyez, disparaissez des cités de la France, Antiques préjugés des siècles d'ignorance, Qui loin de la vertu supposiez la grandeur !
Périsse l'orgueil tyrannique,
Qui de la majesté publique A si long-tems noirci l'immortelle splendeur!
Peuples, rendez hommage aux enfans du génie! Contemplez ce flambleau qui brille entre leurs mains.
Et dont la lumière infinie
Eclaire et guide les humains!
L'existence ordinaire est de quelques journées ; Ces favoris du ciel ont d'autres destinées : Ils vivent consacrés à l'immortalité;
Et leur éloquence enflammée.
Soutien de la terre opprimée.
Réclame au nom de tous la sainte égalité.
t)F,UTrps anciennes. III. 20
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Mais d'autres, étalant les trésors, la naissance, D'autres, se nourrissant d'un imbécile orgueil,
A leurs fils léguant la puissance,
Vont trouver la honte au cercueil.
Des superstitions ministres fanatiques.
Du trône usurpateur complices despotiques. Brigands toujours vendus aux brigands couronnés,
Ils voudraient retenir la terre
Dans l'esclavage héréditaire Où dormirent long-tems les siècles enchaînés!
Courage! éveillez-vous, citoyens de la France; Ne vous flétrissez pas aux yeux de l'univers;
Mettez en vous votre espérance,
Connaissez et brisez vos fers.
N'imitez point. Français, ni vos faibles ancêtres. Qui, trahissant le peuple et lui croyant des maîtres, De l'auguste nature ont méconnu la voix;
Ni le délire frénétique
De ce peuple de la Baltique Par un choix solennel esclave de ses rois.
Opprimés comme vous, comme vous, d'âge en âge. Presque tous les humains, sous le joug abrutis.
Dans la poudre de l'esclavage
Baissent leurs fronts anéantis.
Tout sera libre un jour; un jour la tyrannie.
SUR L'ASSEM13LÉE NATIONALE. So;
Sans appui, sans état, de l'univei-s bannie. Ne verra plus le sang cimenter ses autels;
Et, des vertus mère féconde,
La liberté, reine du monde.
Va sous d'égales lois rassembler les mortels.
« Il n'est plus ce pouvoir grossi par tant de crimes; « Il n'est plus, » diront-ils, « ce monstre audacieux:
a Ses pieds touchaient les noirs abîmes;
« Son front se perdait dans les cieux. « 11 osait commander : les peuples en silence « De ses décrets impurs adoraient l'insolence; « Le monde était aux fers ; le monde est délivré ;
a Et l'auteur de son esclavage,
« Vomi par l'infernal rivage, « Dans le fond des enfers est à jamais rentré, w
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