‹ uvres de Maine de Biran (volume 2)Chapitre 3 sur 51 · I. — Origine des facultés actives · texte numérisé non relu

I. — Origine des facultés actives

L'odorat est essentiellement lié à la respiration qui commence avec la vie, et ne finit qu'avec elle. Cette fonction est d'abord purement organique et, tant qu'elle s'accomplit uniquement sous la loi de l'instinct, elle demeure, pour l'être vivant qui s'ignore, aussi obscure dans ses effets cjue dans son principe. Les impressions d'odeurs, qui peuvent être liées à ces mouvements respiratoires instinctifs, ne sortent point du cercle des aflections simples ; il n'y a point de personne qui les aperçoive ou les sente ; la combinaison organisée les devient comme tout le reste, c'est elle cj[ui respire. Mais lorsque cette dernière fonction a passé avec d'autres mouvements sous l'empire de la volonté, qui concourt du moins à la modifier, sinon à la produire, elle s'approprie dès lors comme acte à l'aperceptibilité et la connaissance, elle devient même, par ses résultats, un moijen de connaissance ; d'où il suit cjue si le mouvement respiratoire instinctif est un accessoire indifférent à l'olfet de l'impression d'odeur, ce mouvement converti en effort vcjlontaire d'odoration, en est une circonstance et même une condition très notable, puique cette impres-

sion peut avoir des caractères tout à fait différents, suivant qu'elle est séparée ou accompagnée de ce mode d'effort qui peut être même nécessaire pour la produire (1).

Gela posé, nous concevrons (juau sortir de Tinstinct, lorsqu'un sujet comnmn a été constitué dans le rapport de la force à la résistance organique, et avant même qiiil ny ait rien de connu au dehors^ une impression d'odeur qui coïncidera pendant la veille avec l'effort général (quoique non encore lié expressément avec l'acte inspiratoire, supposé inaperçu) aura quelque caractère de plus que celui de simple affection ; V individu ne la deviendra pas entièrement, mais il pourra être dit la sentir, à peu près comme nous sentons nous-mêmes une douleur intérieure qui ressort, pour ainsi dire, du sentiment fondamental et absolu de l'existence.

Mais supposons qu'un effort d'inspiration, élevé audessus du ton instinctif ordinaire, soit déterminé d'abord par une cause quelconque, l'individu sentira cet acte en résultat, non comme tout autre mode permanent passif (i), mais comme un mouvement lié en partie au déploiement de la force qui le constitue moi, il peut le répéter dès lors par une détermination proprement volontaire^ pour exercer sa puissance, s'imiter lui-même, et sans y être forcé par de vives affections qui effaceraient tout vouloir ; en changeant l'ordre des mouvements (2) dans cet exercice répété, le terme de Teffort inspiratoire peut se circonscrire, et l'individu se préjjarer à sentir les impressions comme lui venant par cet

(i) Voyez Chap. II. l'e. Seclion.

(2) Nous verrons bienlôl que l'acle peut recommencer par une double détermination.

2i ŒUVRES DE MAINE DE EJRAN

organe, à les transformer ainsi en véritables sensations.

Pendant que Faction d'inspirer s'accomplit de cette manière, plaçons à distance une fleur dont l'odeur agréable ne puisse être sentie ou parvenir à l'individu qu'à la suite d'un effort soutenu d'inspiration, il se trouvera ainsi modifié par le résultat d'un acte dont il dispose ; mais tout entier à cette nouvelle sensation qui devient alors le mobile et la cause déterminante de l'acte continué et renforcé, il pourra cesser d'apercevoir ce dernier, et ignorer par conséquent que la sensation en elle-même en est une dépendance partielle.

Cependant l'effort s'affaiblit, revient à son ton ordinaire et l'odeur s'évanouit, l'action recommence (1) et la sensation avec elle, tant que les choses demeurent au dehors dans le même état. L'être moteur et sentant n'ayant actuellement, par l'hypothèse, aucun moyen de connaître ni de soupçonner qu'une cause extérieure agit sur son organe pour le modifier, mais ayant l'aperception immédiate de l'effort et par lui du résultat affectif qui le suit ou l'accompagne, devra s'accoutumer, après quelques répétitions et expériences (1) de ce genre, à lier enscml)le l'acte et son produit dans un seul et même mode, qu'il attribue à sa puissance ou à sa force constitutive. Le mode actif d'inspiration se trouvant comme identifié avec l'impression reçue du dehors, il voudra celle-ci comme il veut et parce qu'il vcn/ Fan- Ire, il sera pour lui-même comme s'il exerçait sur tous deux un pouvoir égal. Je dis pour lui-même parce qu'il

(1) En admettant une personne douée de quelque degré d'aperceplion, nous avons la condition fondamentale de toute expérience, le passage immédiat de la loi de l'instinct à celle de l'habitude exclut l'expérience réelle.

y a ici deux points de vue très distincts pris, l'un en dedans, l'autre en dehors de l'être dont il s'agit ; il importe de bien noter cette différence avant d'aller plus loin. Si nous considérons ce qu'est un tel être par rapport à lui; en nous mettant à sa place, autant qu'il est possible dans notre liypotbèse, il sera pour nous, ou nous serons en lui, une puissance qui veut et produit telle modification sensitive, comme elle produit le mouvement associé dont elle dispose. SI nous le jugeons avec nos yeux du debors, il ne sera plus pour nous qui connaissons parfaitement sa passivité, sous l'action de la cause odorifère dont nous nous servons pour l'impressionner, il ne sera plus, dis-je, qu'une simple vertu sentante, qu'une sorte d'automate organisé de manière à recevoir des impressions, et à réagir nécessairement en conséquence pour en amplifier les effets. Alors cette réaction ov^nmqyic, étant prise pour signe de la volonté, est bien subordonnée à une action première qui a commencé au debors. La volonté même ne diffère donc point, dans son principe, de la sensibilité, et s'identifie avec le désir, avec les plus aveugles déterminations de l'instinct.

Mais, en prenant les faits uniquement dans la conscience de l'être sensible et moteur, il en est tout autrement. D'abord, fût-il encore plus passif relativement à nous, sous l'impulsion d'une cause étrangère modifiante, dès qu'il ne peut avoir aucune connaissance de cette cause, elle est pour lui comme n'existant pas. D'un autre côté, il suffit qu'il aille sentiment intérieur d'une puissance moi, déployée librement dans certains cas, et non exercée dans d'autres, pour que la distinction qui s'établit au-dedans de lui, par le contraste entre un état actif de vouloir et état passif d'aCFectibilité, ait

le fondement le plus réel, le seul qu'il soit possible d'obtenir d'une part, et impossible de nier de l'autre, à moins qu'on ne se place dans un point de vue tout à fait extérieur à l'être dont il s'agit, ou qu'on ne prétende juger de cequ'd est absohime?it sa.ns tenir aucun compte de ce qu'il est pour lui-même (1).

(1) Rien n'est plus propre à inonlrer la dilTérence de ces deux points de vue et à tenir en garde contre les mésentendus auxquels cette dilTérence peut donner lieu dans la science des facultés de l'être pensant, que la manière dont Condillac distingue les deux états actif et passif de la statue. « Elle est active, dit-il, quand la cause qui la modiUe est en elle-même (ou dans son organisation) ; elle est passive, quand celle cause est extérieure ». Je dirai, moi, qu'elle est active toutes les fois qu'elle est ou se sent comme cause ou force productive de certaines modifications, et passive, toutes les fois qu'elle est modifiée sa?is (ou inv me co7ifre) le déploioîiient d'une telle force D'ailleurs si l'on n'avait égard qu'à ce que peut être la statue pour elle-même, comment pourrait-on établir, par rapport à elle, quelque distinction solide fondée sur l'extériorité d'un objet ou d'une cause, qu'elle est censée invinciblement ignorer ?

La statue serait-elle donc active quand elle éprouve actuellement une douleur intérieure et passive, quand elle éprouvera dans la suite une sensation du solidité 1

C'est aussi pour avoir voulu se placer tout h. fait en dehors des faits de conscience, et juger ainsi extérieurement de ce qui peut être avant la première détermination du vouloir, avant le moi luimême, (jue les métaphysiciens me paraissent avoir élevé tant de questions oiseuses et interminables au sujet de sa /î6^/7e, question qui ne peut trouver de réponse hors du sentiment intérieur de nos actes et qui devient nécessairement frivole, par cela même qu'on l'agite. Je citerai un exemple qui me paraît assez propre à justifier la méthode que je crois exclusivement appropriée à la science de nos facultés.

« Ne comprenez-vous pas clairement, dit Hayle {Questions d'un provincial, page 764) qu'une girouette à qui l'on imprimerait tout il la fois le mouvement vers un certain point de l'horizon et le désir de se tourner de ce côté, serait persuadée qu'elle se mouvrait d'elle-même pour accomplir ses désirs? (Je suppose qu'elle ne saurait point qu'il y a des vents et qu'une cause extérieure fait chan-

DE LA DECOMPOSITION DE LA PENSKE 25

En nous en tenant à ce dernier point de vue, l'être, qui n'odore qu'autant qu'il agit et qu'il veut le mouvement inspiratoire, est donc également actif pour luimême, et dans la production de ce mouvement et dans le mode aifectif qui l'acconqDagne (par hypothèse) d'une manière constante et invariahle, quoique ce dernier dépende par le /rt«7 oZ*yec///(ou relativement à notre 2)oint de vue cxlérieur) d'une cause étrangère qui concourt à le produire, et que le mouvement lui-même puisse se rattacher encore, sous le dernier rapport, à quelque circonstance, organique inconnue, à quelque

g'er tout à la fois sa situation et ses désirs) : nous voilà naturellement dans cet état, nous ne savons point si une cause invisible ne nous fait pas passer successiveiiienl d'une action ou d'une pensée à une autre, etc. w

Bayle admet, dans cet endroit, l'opinion des Cartésiens comme la plus favorable aux doutes sceptiques, dont il prétend envelopper le sentiment de nos actes volontaires ou libres (Voir la note sur Hume) : savoir que ce n'est point l'âme ou le ?noi pensant qui exécute ses vouloirs, qui meut les organes, etc. Aussi, c'est-il le désir qu'il suppose toujours pouvoir être effectué comme le mouvement même par une cause invisible. Mais le désir est-il donc identique avec le vouloir, le sentiment ou l'idée du pouvoir se Irouve-t-il essentiellement compris dans l'un comme dans l'autre ? Or, d'où vient cette idée (àQ pouvoir)'', pourquoi se réfère-t-elle à certains actes et non à d'autres? existerait-il un être voulant, ?,'\\ n'y avait pas xm être moteur? Oter au sujet pensant l'exécution réelle des actes dont il est assuré par conscience, n'est-ce pas anéantir avec le sentiment de sa puissance celui même de sa personnalité ? et si c'était Dieu qui exécutât les propres mouvements que nous nous attribuons, ne serions-nous pas complètement identifiés avec lui ow Zi<?' avec nous? On peut remarquer, au surplus l'analogie de l'hypothèse de Bayle et de celle que j'emploie. Quoique pour l'être qui n'exercerait d'autres sens externes cjne l'odorat, la cause modifiante fût aussi inconnue que le vent l'est à la girouette, le sentiment de sa propre causalité, dans l'effort inspiratoire librement déterminé, n'en serait pas moins un fait réel de conscience, un fait primitif du sens intime dont on ne pourrait demander l'explication.

être invisible qui efFectue le dèbandement d'un ressort et de l'activité motrice, etc., car tout cela ne change rien ni au vouloi?' ni au sentiment réel du pouvoir.

Je dis donc que notre être fictif voudra l'odeur, comme le mouvement même, tant qu'il n'aura pas encore eu l'occasion de sentir, par quelque contraste, qu'il est su])ordonné dans la sensation à une puissance différente de celle qui produit l'effort. Ainsi l'idée d'un but^ auquel tend le vouloir, ne sera point distincte dans le cas présent de ce vouloir môme, comme elle l'est pour nous qui, connaissant des causes modifiantes extérieures, dirigeons vers elles toute notre action, les appelons, quand elles sont éloignées, de tous nos désirs ou nos vœux, et employons, quand elles sont présentes, tous les moyens disponibles pour nous mettre à portée de recevoir leur entière influence. Or, ces moyens ne sont antres que des mouvements volontaires (1) et la puissance que nous appelons volonté, étant tout entière dans la production immédiate infaillible, s'arrête là sans aller plus loin.

(1) Je sais bien (jiie cliaqiie paiiic de l'organe sensilil' s'étend aussi, s'avance, se tmnélie comme pour chercher la cause appropriée k son afîeclibililé spécifique, ou se mettre enlicrement k sa portée, et c'est là une image de ce qui se passe sous la loi de l'instinct, dans la combinaison organisée entière ou le ^om/ vivant ; mais comme ce jeu d'affinités animales saccomplit entièrement sans conscience et dans des cas où nous ne pouvons absolument su{)poser qu'il y ait de moi, plus on rapproche le désir de semblal)les modifications organifjiies, ou plus on l'identifie avec les déterminations purement instinctives, plus aussi on le sépare de ce mode fondamental de notre existence individuelle et aperçue que nous nommons vouloir ; la désir, en un mot, considéré surtout dans les limites où il se confond avec les premiers besoins, est aussi distinct de la volonté que la sensation animale l'est de la perception et cette distinction est fondée des deux parts sur la même base (Voyez chap. Il, lie section).

Le désir, au contraire, activé uniquement par l'objet ou son image, s'étend au dehors, et l'être qui le désire se sent par là même constitué en rapport de dépendance d'une cause étrangère qui cède ou résiste. L'individu supposé ne connaissant encore rien hors de sa puissance constitutive et de la modification infailliblement associée jusqu'à présent à son exercice, n'aura donc que des vouloirs, tant que rien ne changera autour de lui. il sentira comme il mouvra par un seul et même acle, et le désir n'aura pas le temps de naître.

Cependant, l'intimité d'association supposée entre le mode actif de l'efFort inspiratoire et l'impression d'odeur qui le suit, tant que la même cause (ignorée) demeure j^résente, cette intimité, dis-je, ne saurait être conçue permanente et invariable, sans forcer toutes les hypothèses ; les deux éléments de la sensation, appartenant à deux sources différentes, )ie pourront longtemps demeurer entre eux dans un parfait et constant équilibre. L'effort et la cause extérieure restant les mêmes, les dispositions sensitives ou la capacité impressionnable de l'organe viendront nécessairement à changer dans un certain intervalle, et feront passer la modification par divers degrés de force ou de faiblesse. Dès lors les éléments du composé peuvent commencer à ressortir l'un hors de l'autre, et l'individu al)solument simple dans la vitalité, simple aussi d'une autre manière dans l'exercice de son activité, peut reconnaître qu'il est double, ou qu'il y a en lui, dans ce qui le constitue (sujet individuel permanent) une source de constance, et hors de lui, ou dans le terme organique de son action, une source de changements ; dès lors aussi il apprend à rapporter à ce dernier l'élé-

28 ŒUVRES DE MAIXE DE BIHAX

ment qui varie ; car quoiqu'il le connût auparavant comme terme de l'effort, il ne pouvait (ne) pas le reconnaître comme impressionnable, tant que la modification sensible était indivise de l'acte, ou qu'il n'apercevait l'une que dans l'autre, en les attribuant également à une puissance moi qui ne se localise point (1), dès lors enfin naissent, pour le même sujet moteur et sentant, deux ordres de facultés, des actes qu'il aperçoit en les produisant et des modifications qu'il éprouve sans les produire.

A. — Orif/i/ic de la réflexion et de Vallentïon.

Quoique par l'hypotlièse (que nous continuerons encore sous la même forme), la sensation d'odeur, dont la cause agit de loin et faiblement sur l'organe, demeure toujours subordonnée à un effort inspiratoire au-dessus du ton naturel de la respiration, les dispositions variables de l'organe peuvent néanmoins devenir telles, dans certains cas, que la modification s'avive ou s'exalte par le plus faible degré de cet effort volontaire. Quelquefois, au contraire, l'action la plus énergiquement soutenue ne déterminera qu'une affection très obscure. Dès que nous supposons une personne constituée, il est impossil)le qu'elle confonde deux états

(I) .Nous rappoiions bien aux pieds, dit un philosophe, (1)'.\lem- BEt\T. Mélntifjes d" littérature) la douleiif (comme le mouvement effecUf) mais nous ne leur rapportons point la volonté de marcher ». Celle observalion est très juste, et, en l'approlondissant, il me semble qu'on peut en faire ressortir bien des vérités sur lesquelles nous sommes trop enclins à nous faire illusion. 11 en résulte, par exemple, que la volonté n'étant pas différente du moi, ce moi ne peut absolument pas se concevoir i;omme objet, comme chose, ou comme un composé d'organes.

OU deux modes d'existence aussi différents, et, si elle était capable de se faire un langage, elle ne les noterait pas probablement par le même signe. Lorsque Fimpression, altérée en quelque sorte par l'organe, déjà monté de lui-même 'sur un certain ton sensitif, suit immédiatement, si elle ne prévient pas encore, l'acte le plus léger d'une volonté naissante, la conscience de l'individu est presque tout entière à la modification affective. L'acte de son vouloir disparait ou s'obscurcit, tant par la promptitude et la faiblesse de l'effort, que par la vivacité relative de l'impression ; le résultat seul persiste comme sensation ; mais par cela que cette sensation est le résultat d'un acte, le moi ne peut être complètement identifié avec elle comme avec le vouloir seul, il ne la devient pas non plus, ou n'y est pas enveloppé comme dans une affection purement passive. Au contraire, lorsque l'impressionnabilité de l'organe sensitif se trouve rabaissée au-dessous du ton ordinaire, il faudra un déploiement d'effort très énergique, pour que l'émanation odorante puisse parvenir au sens, qui n'en sera que légèrement effleuré. C'est donc alors l'acte même qui ressort de la sensation ; et l'élément affectif, s'obscurcissant à son tour, n'est aperçu que dans le raj)port de sa subordination à la puissance qui concourt k l'effectuer.

B. — Passage de raperception à la réflexion.

En nous mettant à la place de l'individu supposé, et lui prêtant nos signes, nous disons qu'il aperçoit sa propre force ou qu'il s'aperçoit lui-même dans une simple détermination volontaire, séparée de tout mode sensitif résultant. Ainsi, dans l'hypothèse présente, il

30 ŒUVRES DE MAIXE DK BIRAN

y a aperception personnelle dans le seul mode d'effort iuspiratoire, séparément de toute odeur sentie, il y a un fondement au motye et au verbe /rt^/>, synonyme i^Q f existe , \q, m'aperçois existant.

Aperception immédiate interne et médiate externe. — Lorsque cet effort ou cet acte est suivi ou accompagné d'un mode quelconque, que l'individu attribue uniquement à sa puissance, mais en distinguant le résultat de l'acte lui-même qui prédomine simultanément dans la conscience, nous appellerons réflexion cette aperception redoublée dans le mouvement d'une part, et son produit sensible de l'autre. (Tel serait le fondement de cette formule employée par un grand maître, je sens une sensation, une idée, un rapport), etc. Tel est le lien de la modification passagère au sujet permanent je.

Page 1