‹ uvres de Maine de Biran (volume 2)Chapitre 35 sur 51 · D'OUVERTURE DE LA SOCIÉTÉ MÉDICALE DE BERGERAC · texte numérisé non relu

D'OUVERTURE DE LA SOCIÉTÉ MÉDICALE DE BERGERAC

PRONONCÉ PAR LE SOUS-PRÉFET DE l'aRRONDISSEMENT DE BER- GERAC, PRÉSIDENT DE LA SOCIÉTÉ, DANS LA l'"'' SÉANCE QUI A EU LIEU LE 15 JANVIEH 1807.

^lessieiirs.

C'est un iriste spectacle que celui qu'ofi're l'homme n'ayant de lorce que par l'union, lorsqu'abandonné à lui-même et k ses propres ressources il languit dans l'isolement sans aucun moyen d'acquérir des idées nouvelles, de corriger ses erreurs, et de donner quelque essor aux facultés qui sont dans sa nature. On le voit alors tantôt suivre la pente des habitudes les plus aveugles, tantôt, dominé par une imagination sans guide, courir de chimère en chimère, embrasser de vains fantômes, et se nourrir d'illusions dont rien ne saurait dissiper le prestige.

De même que le développement le plus sinqjle et le plus commun des facultés naturelles de l'être intelligent et sensible ne peut se fonder que sur les premiers liens de société qu'il forme avec ses semblables^, ainsi, et plus encore, après avoir atteint un certain degré de perfectionnement moral, l'homme a l^esoin, pour s'élever à de nouvelles hauteurs, de trouver dans une com-

inunication précieuse de sentiments et d'idées les points d'appui nécessaires pour le développement énergique et complet de toutes les forces de sou intelligence. Seul, il ne peut rien, son esprit ne vit et ne s'alimente que par les rapports constants qu'il entretient avec les êtres de son espèce. Conseils, encouragements, éloges, critiques, tout lui devient également nécessaire : en se plaçant sous les yeux de ses 2)airs, et mettant avec eux en communauté ses acquisitions propres, il entre en possession d'un riche patrimoine où il trouve toujours à puiser, bien au-delà de sa part contributive, quelque considérable d'ailleurs, qu'elle puisse être.

Le génie en effet, Messieurs, le génie même avec toute sa puissance, ne saurait se suffire à lui-môme. Voyez-le marcher seul et sans un point d'appui ; quelle incertitude dans ses pas î Quelle lenteur, dans ses progrès ! Comptez le temps qu'il emploiera pour parvenir aux vérités les plus simples ! Admirez comment il épuise ses forces pour arriver au même j)bint d'où il eût pu partir d'abord, en s'aidant de tous les secours attachés à la division du travail, et à la communication des idées.

Ces avantages. Messieurs, n'ont pas seulement rapport aux progrès de l'esprit ; ils intéressent de plus tous les sentiments de cœur. Indépendamment de l'utilité qu'il y a à trouver réunies, au sein d'une Société vivante, toutes ces lumières éparses et souvent perdues dans de nombioux ouvrages dont on connaît à peine les titres, quel plaisir de pouvoir recueillir une nudtitude didées et de connaissances utiles, sans se fatiguer dans des recherches péni])les et souvent infructueuses ! et cette économie de travaux et de temps, de

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sentir qu'on en est redevable à des confrères qu'on estime, à des amis qui n'en deviennent que plus chers !

C'est ainsi que tous les liens se fortifient par des bienfaits reçus et rendus tour à tour : ainsi les esprits se polissent et acquièrent, par le doux frottement d'un commerce assidu, cette heureuse flexibilité, ce sentiment des convenances, ce tact iin et délicat qui sait distinguer comme par instinct, le vrai, le beau, le bon, partout où ils sont, et rejeter tout ce qui leur est contraire .

Lorsque je parle ici généralement. Messieurs, des jouissances et des avantages attachés aux Sociétés savantes, je n'exprime que la plus faible partie des motifs qui ont déterminé cette première et intéressante réunion.

Appelés à suivre en commun une carrière noble et belle, où chaque j)as, guidé par le génie de lobservation et de l'expérience, peut devenir un bienfait pour l'humanité, vous ne pouviez vous considérer comme étrangers les uns aux autres. La commune renommée, qui publiait vos talents et vos succès, vous avait appris réciproquement à honorer vos noms. La courte distance des lieux où chacun de vous cultive la science ne pouvait empêcher tant de points de contact établis par l'analogie des occupations, des goûts et des habitudes. Unis d'esprit et d'intention avant même votre réunion effective, vous n'attendiez qu'une occasion favorable pour vous rapprocher, vous entendre et mettre à profit, pour l'intérêt de l'art, toutes les idées et les observations nombreuses que vous aviez à vous communiquer.

Aussi, dès que cette occasion vous fut offerte, la saisites-vous avec un empressement qui prouvait bien

toute l'impatience avec laquelle elle était attendue : et la première rencontre spontanée de quelques-uns de vos Membres suffit pour jeter les fondements d'une Société périodique, régulière, dont il ne s'agit plus aujourd'liui que de cimenter les nœuds et de consolider l'existence, en développant la nature de son objet et l'esprit de ses premiers règlements.

Vous le savez, Messieurs, la Médecine, que la plupart d'entre vous exercent avec tant de succès, est une apfjlication continuelle des sciences physiques, del'anatomie, de l'histoire naturelle, de la chimie, de la botanique, à la connaissance du corps humain dans l'état de santé ou de maladie. La perfection théorique de votre Art dépend donc, en grande partie, de celle que peuvent acquérir et qu'acquièrent encore tous les jours les diverses sciences auxquelles il se trouve lié : je dis en grande partie et non pas toute absolurnent ; parce que considéré sons le seul rajiport des effets que présente à rol)servateur judicieux la nature comparée des maladies et l'emploi des remèdes, l'art de guérir peut d'abord sans doute atteindre un assez haut «legré de perfectionnement, par le seul secours de l'expérience qui lui est propre, et sans rintermèdc d'autres études qui viennent ensuite donner plus d'extension à sa théorie. J'en atteste ici, Messieurs, les premiers Ages de la Médecine et les OEuvres immortelles d'Hypocrate, génie éminent qui brille encore, dans la profondeur des siècles, d'une lumière éclatante qu'aucun autre n'a pu affaiblir et ne saurait jamais etfaccr.

I'>n distinguant donc, en Médecine, les sciences accessoires de l'observation propre qu'elles servent à étendre et à éclairer, la Société médicale devait avoir pour objet premier, de rendre communes et pour ainsi dire

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solidaires, entre tous ses Membres, les observations do divers cas pathologiques, curieux et intéressants, qui pouvaient s'offrir isolément à chacun dans son exercice journalier : premier ordre de communications essentielles qui doit puissamment contribuer parmi nous aux progrès de Fart de guérir.

Le second objet de la Société devait être de s'entourer de tous les secours que peuvent lui fournir les sciences accessoires à la Médecine ; et c'est dans ces vues qu'elle a désiré de rattacher à elle tous les honmies connus dans ce Département pour cultiver quelque branche de ces connaissances naturelles dont le domaine est si étendu.

Le Chef-d'œuvre de la nature, l'homme, considéré sous les rapports d'une organisation admirable par la variété, la complication et le jeu de tous les instruments de la vie ; plus admirable encore par Y unité de cette vie même et l'accord parfait de toutes les fonctions qui y conspirent et y consentent, l'homme se trouve lié par l'ensemble de ses rapports avec tout ce qui l'entoure ; tous les corps, tous les éléments agissent sur lui pour le modifier, comme il réagit sur tous, pour les connaître, les changer, les altérer, les recomposer de nouveau, les approprier à son usage, les incorporer à sa substance.... La science générale de ces actions et réactions, la Médecine prise dans toute son étendue, partant de Ihomme comme d'un centre, embrasse donc l'ensemble des phénomènes auxquels se lie son existence.

Après avoir énuméré et distingué les pièces diverses de la machine à qui tout se rapporte, déterminé leur position, analysé leurs fonctions et leur jeu, calculé les chances trop nombreuses du dérangement de leur

économie intérieure, le Médecin porte ses regards sur les agents extérieurs de la vie, sur l'ensemble des moyens auxiliaires de son entretien, comme sur les causes d'une destruction, inévitable sans doute, mais dont il tend sans cesse à éloigner le terme. Sous ces rapports compliqués le jMédecin devient donc tour à tour ou ensemble, physiologiste, chimiste, botaniste, naturaliste entîn, dans toute l'étendue de ce mot.

Veut-il, par exemple, apprécier l'influence de l'air que nous respirons sur l'économie animale ? Ce tluide ne s'offre pas seulement à lui sous le rapport des variations qu'il éprouve dans les degrés de pesanteur, d'élasticité, d'humidité ou de sécheresse, en un mot, dans l'ensemble de ses propriétés physiques ; c'est de plus, à ses yeux, un composé de diverses substances gazeuses qui, se séparant ou se combinant de nouveau dans l'intérieur des organes de la respiratifm, entretiennent avec elle ou par elle la chaleur constante de la vie, fournissent à celle-ci un aliment nécessaire quil faut conserver pur, et quelcjuefois des poisons délétères dont il faut la préserver.

Arrête-t-il ses regards sur cette terre que nous foulons, ce n'est plus pour lui la masse inerte qui gravite dans l'espace suivant les lois dune mécanique sublime ([ue le Géomètre a soumise au calcul, c'est un foyer d'organisation, une sorte de matrice active qui fournit à tous les germes qu'elle recèle les principes de leur développement, communique aux substances alimentaires sorties de son sein des qualités diverses tantôt favorables, tantôt funestes à l'économie, exhale ou absorbe des vapeurs salutaires ou malfaisantes, et exerce ainsi une influence si remarquable sur le tempérament, la santé, le caractère, les habitudes et les

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mœurs des peuples répartis sur les différents points do sa surface.

Les eaux, premiers agents de dissolution et de fermentation générale, variant en différents lieux, suivant l'espèce et la qualité des substances transformées ou combinées par leur action ou leur .intermède, offrent à riiomme de l'art qui sait les analyser et en imiter la composition, une multitude de propriétés dont il s'empare heureusement comme de remèdes précieux pour guérir les maladies, ou de moyens naturels pour conserver et rendre la santé.

Sous tous ces rapports et sous une infinité d'autres qu'il serait, sans doute, inutile d'indiquer ici, le Médecin n'a-t-il donc pas besoin de faire des emprunts continuels à toutes les sciences accessoires et auxiliaires de son art ? et comment pourrait-il demeurer étranger à l'ensemble de ces phénomènes qui exercent une influence si constante et si remarquable sur les fonctions ou le jeu de la machine organisée : premier o])jet <le ses soins et de ses études ?

Vous parle rai-je encore. Messieurs, des fruits cjue la Médecine peut recueillir en s'alliant à une autre science, dont l'objet plus profond et pour ainsi dire tout intérieur, parait si vague et si indéterminé aux yeux de tant d'hommes qui ne savent rien voir qu'hors d'euxmêmes. J'hésite à nommer la science des facultés intellectuelles et morales trop discréditée de nos jours, sous le titre de Métaphysique.... Mais ici. Messieurs, je chercherais en vain à me défendre d'un sentiment trop personnel peut être, et je cède au désir de vous exprimer la satisfaction que j'éprouve en me trouvant rapproché de vous par l'objet le plus constant de mes travaux et de mes méditations.

Le père de la Médecine avait vu avec son génie ordinaire que la nature humaine, sous quelque face qu'on la considère, ne peut se manifester pleinement qu'à celui qui possède le système des connaissances relatives à l'art de guérir. Censeo vero (dit Hypocrate au livre de Priscà Medicinà), quod de nàturà hominis manifestum quidpiam cognoscere non aliundè possibile fuit, quàm ex arte medicà, quod quidem facile erit penitus nosse, si quis ipsam artem Medicam universam probe complexus fuerit.

Et qui pourrait en effet, mieux connaître le jeu des facultés humaines que ces observateurs assidus, à portée de saisir et de comparer la nature sensible dans ses divers états, de suivre la marche des affections et des idées dans les modifications variables correspondantes aux âges, aux sexes, aux tempéraments et aux maladies ; eux seuls ont vu les phénomènes, la machine tranquille ou furieuse, faible ou vigoureuse, saine ou brisée, délirante ou réglée, successivement léthargique, agissante, vivante, morte.... Eux aussi sans doute sont les plus près du secret de la nature sensible, ou du mystère sous lequel s'enveloppe la génération des idées et des opérations premières de l'entendement humain... Aussi trouve-t-on que les notions les plus saines et les plus lumineuses de la Métaphysique sont parties d'al)ord de ces mêmes esprits qui avaient approfondi la science médicale. Bien des siècles avant l.ocke, Hypocrate avait deviné l'ordre légitime des procédés de l'entendement et les lois véritables par lesquelles l'esprit s'élève des premières idées venues des sens, jusqu'aux notions les plus abstraites et aux déductions les plus éloignées (1). Locke lui-même fut un Médecin célèbre,

(1) « .\vant que la pensée se produise, les sens ont éprouvé tout

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et les Pères de notre Philosophie, Bacon et Descartes avaient profondément étudié la théorie de votre art

Mais je m'égare, jNIessienrs, je voulais vous entretenir des avantages que pourrait trouver la science que vous professez, en s'alliant à celle que j'étudie, et je ^iens de montrer que tout le profit est pour cette dernière. Je voulais faire valoir des services rendus ou à rendre, et je ne vois plus que des titres de reconnaissance J'admets donc ici bien volontiers une suljordi-

nation qui est toute à votre avantage, et je me plais à sentir, en ce moment, que je tiens à vous et à vos maîtres par les liens cpii rattachent l'obligé à ses bienfaiteurs et le disciple à ceux qui l'éclairent.

Avant de finir, j'ai besoin encore, d'insister sur les motifs d'une autre espèce de lien non moins puissant, non moins intime ; je veux parler de celui qui unit essentiellement rx\dministrateur. ami des sciences, à ceux qui honorent et éclairent l'Administration.

Les lumières de l'instruction, quoique réparties nécessairement d'une manière trôô inégale entre les différentes classes de la Société, tendent pourtant toujours à s'y mettre dans une sorte d'équilibre et, comme les fluides, à atteindre un certain niveau commun. Cela est vrai, surtout, des connaissances dont la théorie se lie plus particulièrement à une pratique usuelle, et ne peut même se justifier que par l'utilité palpable de ses applications immédiates, telles sont les sciences accessoires à la Médecine et en particulier la Chimie, la Botanique, l'Agriculture, l'Art vétérinaire, etc. Appli-

« ce qui doit la former et ce sont eux qui en lont parvenir les malé- « riaux à l'entendement; le jugement est aussi une espèce de « mémoire qui assemble el met en ordre toutes les impressions « des sens « (Vovez les Paraggelias d'Hypocrate).

quées à divers usages de la S(iciété, ces sciences portent leur empreinte sensible dans certains produits usuels qui frappent tous les yeux, et apprennent au peuple à respecter les sciences qu'il ignore, comme à estimer les savants qu'il n'entend pas.

C'est ainsi qu'en vertu d'une bienfaisante solidarité établie entre ceux qui spéculent et ceux qui agissent, toutes les méthodes pratiques vont en se perfectionnant, et que la classe commune en acquérant plus d'industrie devient plus éclairée, plus sage et plus heureuse.

Supposez un pays reculé où la lumière des sciences n'aurait pii encore pénétrer faute de communications assez étendues au dehors, et surtout assez multipliées au dedans entre les hommes faits pour recevoir cette lumière et pour la propager : un tel pa3^s ne semblerait-il j>as condamné à demeurer toujours stationnaire ; ot ne linirait-il pas par se trouver comme dans l'arriéré des siècles, au milieu des progrès universels ? Mais si quelque circonstance heureuse venait à mettre en mouvement le petit nombre d'hommes instruits, disséminés, et réveillant en eux tous les germes de l'émulation, leur faisait dorénavant un besoin de se rapprocher et de s'entendre, alors et surtout si une nouvelle Société formée venait à diriger ses premières vues sur des objets dont l'utilité la plus immédiate pût être facilement saisie par le grand nombre, il se pourrait que les progrès de l'instruction générale datassent de l'époque de cette bienfaisante réunion, et que les rayons émanés d'un foyer commun pénétrant peu à peu la masse parvinssent à lui comnmniquer quelque principe d'activité de mouvement et de vie.

J'accepte, Messieurs, cet heureux augure pour notre

pays, et je rends grâces en son nom aux fondateurs de la Société médicale de Bergerac ; bientôt sans doute, au nom de l'Administration, j'aurai de nouveaux remerciments à voter à cette Société savante, complètement organisée, et marchant à la fois avec zèle vers tous les buts de son institution.

L'un de ces buts, qui entra plus particulièrement dans les vues des fondateurs, fut le plan d'une Topographie médicale de cet Arrondissement, grand et utile ouvrage que conçut dans son ensemble et relativement à la France entière la célèbre Société de Médecine de Paris. C'est à vous, Messieurs, qu'était réservé l'honneur de contribuer parmi nous à remplir les vues de cette Société mère dont vous êtes les dignes Enfans et à remplir une partie du beau cadre qu'elle vous a laissée.

Les observations nombreuses, variées et délicates qui doivent former les éléments d'une bonne Topographie médicale ne sauraient effrayer votre zèle, et vous les suivrez, n'en doutons pas, avec cette exactitude scrupuleuse, ces habitudes et ces talens d'observation qui ont toujours caractérisé les hommes distingués dans votre Art. C'est par là surtout que vos travaux se rattachant à ceux d'une Administration amie de tout ce qui est beau, grand et utile, vous aurez bien mérité d'elle, et acquis des droits bien légitimes à sa reconnaissance.

Quant à moi, Messieurs, comblé de l'honneur que vous m'avez fait en m'appelant d'abord à vous comme collaborateur et m'accordant ensuite vos suffrages pour présider cette intéressante réunion, je ne puis vous exprimer ici tous les sentimeus dont je suis pénétré, ni vous les prouver autrement qu'en m'associant désormais de cœur et d'esprit à tous v(« projets d'utilité

publique, en partageant vos travaux comme Sociétaire zélé, et en cherchant de plus, dans mes rajjports administratifs, à attirer sur cette Société naissante les regards protecteurs et bienveillants d'une Administration supérieure, qui, sachant apprécier toutes vos vues libérales, pourra contribuer à en étendre et assurer le succès.

Après la lecture du Discours du Président, M. Delpit, l'un des Secrétaires, a pris la parole et a dit :

Parmi les objets dont M. le Président vient de vous entretenir, il en est un surtout qui, par son importance et ses difficultés, mérite toute votre attention. L'ancienne Société Uoyale de Médecine le provoqua, le (iouvernenient l'encourage, l'Ecole de Paris l'attend, l'intérêt de l'humanité le sollicite. C'est une Topograpliie Médicale de notre Arrondissement, ouvrage qui, pour être bon, a besoin du concours de plusieurs hommes instruits, et qui dès lors ne peut être proposé qu'à la Société que vous avez formée. Je vais vous soumettre le pian du travail que j'ai rédigé et qui renferme les questions sur lesquelles chacun sera invité à donner les renseignements les plus précis. Nous réunirons ensuite les lumières éparses que chacun de vous aura répandues sur ces diverses questions, et nous ferons nos efforts pour on former un foui, digne de la Société dont il sera l'ouvrage.

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