‹ uvres de Maine de Biran (volume 2)Chapitre 36 sur 51 · PLAN D'UNE TOPOGRAPHIE MÉDICALE DE L'ARRONDISSEMENT DE BERGERAC · texte numérisé non relu

PLAN D'UNE TOPOGRAPHIE MÉDICALE DE L'ARRONDISSEMENT DE BERGERAC

1** Chacun est invité à décrire la position géographique de son Canton, son étendue, la figure du sol, la nature du pays, les montagnes ou monticules qui le bornent ou le coupent, les rivières, les étangs, les ruisseaux qui le traversent ou l'avoisinent. Il dira si le Canton renferme des forêts et quelle est leur étendue, quelles sont les parties qui sont cultivées et celles qui sont en friche, couvertes de bruyères ou de bois-taillis, quel est le genre de culture généralement adopté dans le Canton, quelles sont ses productions, quelles sont les maladies qui attaquent les grains récoltés. Il assignera les différentes qualités du terrain, la nature des couches végétales, leur différent degré de fécondité et leur aptitude à telle ou telle culture

2" Il parlera des animaux domestiques et sauvages, de ceux qui servent k Fagriculture ou qui sont un objet de commerce. Il décrira les maladies auxquelles ils sont sujets, et la manière dont on les traite ; il donnera ainsi un aperçu sur la Médecine vétérinaire et les réformes dont elle est susceptible.

3" Il traitera des eaux qui servent à la boisson et des eaux minérales qui peuvent se trouver dans le Canton ;

il donnera, s'il est possible, l'analyse des unes et des autres.

4° Viendra ensuite l'histoire naturelle du pays, des minéraux qu'il renferme, des mines qui sont en exploitation, de celles qui pourraient l'être : on dira si le sol offre au Botaniste quelques plantes rares, s'il offre au Médecin plusieurs plantes utiles, si elles peuvent remplacer les exotiques, si elles méritent quelquefois la préférence et dans quelles circonstances.

5° On demande surtout des détails précis sur l'atmosphère et ses météores, sur l'état de l'air en général, sa température, son mouvement, sa stagnation, les miasmes dont il peut se charger dans certains endroits, sur les vents dominants, sur les saisons et la température de chacune.

6° On passera ensuite à la constitution physique et morale des habitants, on décrira leurs tailles, leurs formes, leurs forces, leurs usages, leurs mœurs. On décrira en particulier celles des femmes et des cnfans. On parlera de la manière de vivre des uns et des autres, des alimens et des boissons qui servent à la nourriture (lu pauvre et du riche.

7" On traitera ensuite de leurs maladies, de celles qui sont épidémiques, contagieuses et endémiques, des causes qui renouvellent les premières et de celles qui entretiennent les dernières, des maladies chroniques les plus familières au Canton, de celles qui sont curables et de celles qui ne le sont pas (hms l'état actuel de nos connaissances, du traitement qu'on oppose généralement soit aux aiguës, soit aux chroniques, des vices et des avantages de ce traitement, des changemens et améliorations qu'il conviendrait d'y apporter, des pré-

jugés qui s'opposent à rcxerciec rationnel et éclairé de la Médecine.

8° On traitera aussi des maladies chirurgicales, des opérations qui réussissent le mieux ou plus mal. On dira si les accouchemens sont faciles, si le traitement des accouchées est conforme à la saine doctrine ou soumis encore aux préjugés. On parlera des maladies des enfans, de leur éducation physique et des vices qu'on y a reconnus, des maladies qui sont propres aux ouvriers et occasionnées par leurs travaux, i 9° On dira si le Canton renferme beaucoup de vieillards, quelle y est la durée ordinaire de la vie, dans quel état est la population et quelles sont les causes qui la favorisent ou qui la nuisent.

10" Enfin on parlera de l'état de la vaccine, des causes qui en retardent la propagation, de son influence déjà aperçue sur la petite vérole. On dira aussi si on a reconnu que la révolution française ait augmenté ou diminué le nombre des maladies, et c£ii'elle eut une influence quelconque sur la constitution physique et morale des individus.

P. S. — (Jnoique la SocieHé Médicale adresse particulièrement CCS questions aux Membres qui la composent, elle invite néanmoins tous les hommes instruits de l'Arrondissement, à lui communiquer leurs lumières. Elle s'empressera d'accueillir et de publier les travaux de tous, et se fera un devoir d'admettre au nombre de ses correspondans ceux qui auront fourni quelques vues utiles sur une des parties dont elle s'occupe.

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