PLAN D'ORGANISATION DU COLLÈGE DE BERGERAC
1° Il sera formé dans la ville de Bergerac un Etablissement d'instruction publique, sous le nom de Collège, qui devra emljrasser, outre les objets d'enseignement prescrits par la loi du 11 Floréal an 10 pour les Ecoles primaires et secondaires, toutes les parties qui entrent essentiellement dans un système complet d'éducation.
2° A cet effet, et pour subvenir aux dépenses nécessaires du premier Etablissement, il est ouvert, dès ce moment, au Secrétariat de la Sous-préfecture, une souscription pour un fond de 18.000 francs, divisé en actions de 300 francs (2), que les Souscripteurs pourront prendre, en tel nombre qu'il leur plaira, en s'engageant à payer le montant en trois pactes, dans l'intervalle d'un an, à compter du l'"" août prochain.
3° Le produit de cette souscription sera employé, partie à mettre les bâtimens du nouveau Collège en état de recevoir 100 pensionnaires au moins, et partie à
(1) Archives de Caslang.
(2) Les personnes peu aisées qui désireraient souscrire pour une somme moindre, seroni libres de prendre une demi action de 150 francs.
fournir aux frais du premier appel de cinq Professeurs d'un mérite éprouvé et de taie n s reconnus.
4° L'un de ces Maîtres particulièrement destiné à l'institution primaire sera pris dans l'Ecole de M. Pestalozzy d'Yverdon, et demandé immédiatement à ce Professeur dont la méthode a été déjà éprouvée en France, et pratiquée avec d'étonnans succès.
ù° L'Instituteur primaire dont il s'agit enseignera, d'après la méthode de Pestalozzi, l'Arithmétique et les Elémens de Géométrie pratique, avec la Lecture, l'Ecriture et la Sténographie.
6° L'Institution secondaire comprendra, sous autant de divisions qu'il sera nécessaire d'en établir, les Langues anciennes latine et grecque, la Langue et la Littérature françaises (1), la Rhétorique, les Mathématiques depuis les élémens jusqu'au calcul ditférentiel inclusivement, et la Logique qui complétera le cours des études.
1° Il y aura un Ecclésiastique attaché au Collège qui instruira les enfans catholiques dans leur religion, exercera les fonctions du culte dans une Chapelle du Collège, sous l'approbation de l'Evoque. Les enfans protestans recevront à part l'instruction religieuse, suivant la volonté des parens.
8" Les Pères de famille, qui désireront souscrire }K)ur l'étaldissement proposé, sont invités à se réunir à rAssemblée générale qui se tiendra à l'Hôtel de la Sous-préfecture de Bergerac, le Vendredi 31 juillet courant, à trois heures après-midi.
(1) Il sera fait un cours parliciilier de Langue anglaise poulies Klcves à qui les Parens voiidraienl faire apprendre celle Langue d'une ulililé aussi générale pour les Commerçans iiiie pour les Li Itérai eu rs.
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9° Messieurs les Souscripteurs seront invités à donner leur avis sur les divers détails de Fexéeution du projet qui leur est soumis ; ils nommeront, dans leur sein, tels Membres qu'il leur plaira désigner pour former une Commission, chargée de la destination et de l'emploi des premiers fonds de FEtaljlissenient.
10" La Commission nommée aura des rapports essentiels et constans avec le Directeur du Collège : elle sera chargée de son installation, et fera avec lui, lors de son entrée, un traité par double où seront précisément énoncées les conditions que chacune des parties devra s'obliger de remplir pour le maintien de rétablissement.
11" La même Commission étant à portée de juger des progrès annuels, et des bénéfices que fera TEtablissement, déterminera l'époque où le remboursement des actions devra commencer ; elle déterminera aussi la partie des bénéfices qu'il conviendra d'employer, s'il y a lieu, à Tagrandissement ou au perfectionnement du Collège,
12° Les réparations ou frais d'entretien du Collège seront réglés chaque année, et payés par la Commission, à qui le Directeur rendra compte de l'emploi des fonds qui auront été mis à sa disposition pour cet objet,
13° Chaque Père de famille Souscripteur aura droit à une remise sur le prix annuel de la pension de son fils ; cette remise sera réglée parla Commission, d'après l'état des dépenses nécessaires à l'entretien de l'Etablissement, et celui des ressources que présentera le nombre des Elèves pour y faire face,
1 i° Pour reconnaître la bienveillance des Souscripteurs, le Collège donnera gratuitement l'instruction
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primaire à cinq Elèves pris dans la classe du peuple, et au choix de la Commission des Souscripteurs ; ceuxci jouiront du même avantage après le remboursement de leurs avances, et seront considérés comme les fondateurs de l'Etablissement.
lo'' En cette qualité, MM. les Souscripteurs se réuniront périodiquement en Assemblée générale, à la fin de chaque année scolastique, pour juger, conjointement avec le Sous-Préfet et le Maire de la Ville, des progrès des Elèves, de la bonne tenue du Pensionnat et de l'observance des règles fondamentales de l'institution, et proposer, s'ils le jugent convenable, dos moyens de perfectionner l'Etablissement.
10° Attendu que le Collège doit représenter ri"]cole secondaire communale, et comprendre essentiellement une Ecole primaire, dont la (Commune est tenue de fournir et entretenir le local, conformément à la Loi du 10 Floréal, la Commune de Bergerac entrera dans les premiers frais d'établissement et d'entretien des bâtimens du Collège, suivant une proportion qui sera déterminée par le Conseil municipal, et soumise à l'approbation de M. le Préfet.
17° En raison de cette Contribution de la (Commune dans l'Etablissement proposé, le Collège donnera aussi l'instruction gratuite à cinq Elèves clioisis par le Conseil municipal de la Ville de Bergerac.
18° L'expérience ayant appris que deux années suffisent dans l'Ecole de Pestalozzi pour compléter l'instruction primaire, à l'expiration de ce terme, le Professeur de l'Ecole primaire remettra au Directeur du (Collège la note des cinq Elèves gratuits qui se seront distingués par leur application, leur intelligence et leurs progrès : ces Elèves désignés résoudront dans le pre-
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mier exercice public, et sous les yeux des Autorités constituées, une série de questions, tirées au hasard, sur les diverses parties de l'instruction primaire.
19" Celui des Elèves, qui aura le mieux satisfait aux questions proposées, sera proclamé le jour de la distribution générale des prix, et adopté par le Collège, dont il pourra suivre gratuitement tous les cours pendant cinq années.
20'' Chaque Elève gratuit de l'Ecole secondaire sera, pendant la o*' année de son cours, exercé comme Répétiteur dans l'institution primaire, et après ce temps il pourra être envoyé, par le Sous-Préfet, en qualité d'Instituteur, dans l'une des ^principales Communes de rArrondissement.
21° Tout Elève du Collège, tils de l'un des Souscripteurs, qui aura obtenu le prix d'excellence (1), recevra, aux frais du Collège, les leçons d'un des Maîtres d'agrément qui seront attachés à l'Etablissement et qui en feront partie, ainsi qu'il sera dit dans le Prospectus.
X. B. — M. Le Préfet du Département, à qui ce projet d'établissement fut communiqué, en premier lieu, répondit en ces termes :
« Je ne veux pas que la Ville de Bergerac puisse « révoquer en doute mes sentimens paternels, j'adopte
(1) I.c prix (l'excellence est accordé à l'Klcve qui a élé le plus souvent premier, durant le cours de l'année scolaslique, dans les compositions hebdomadaires. Les Elèves se corrigent entr'eux, lians ces compositions, sous les yeux du Professeur; et ainsi il n'y a point à craindre, pour la distribution du prix final d'excellence, les faveurs ou la partialité qui ont si souvent découragé le mérite et étouffé l'émulation des Jeunes gens.
• KUVKES DE MAINK DE BIRAN
(( la nouvelle organisation de votre Collège, et vous « pouvez me compter au nombre de vosjjreniiers Sous- « cripteurs sans répétition ».
Les Membres du Conseil municipal, réunis à la Sousl*i-éfecture avec plusieurs Pères de famille de la Ville de Bergerac, ayant entendu la première lecture du projet ci-dessus, l'ont adopté à runanimité, et ont signé la souscription proposée ainsi qu'il suit :
Maine Biran.
Boissière, Maire. Larmandie.
Dupeyroux, aine.
r*aul Dupeyroux.
Bournazel, curé.
Beynac Biran.
Lagreze Biran.
Mestre des Farcies.
Morand Dupuch.
(iaussen.
Roussille, lils.
P. Dussumier.
Th. Ginet.
Ducastaing.
Séguéral Dufraisse.
Monteil.
J. J. ïexier.
Meselop.
ïyriniac.
Lespinasse.
Javerzac.
Latané, Médecin.
Fonvers-ne.
XnïF SIB i;i.\STlTL'TlOX DK PI-STALOZZI
[a) L'Institution de Pestalozzi, formée dans un petit C.anton de la Suisse, est parvenue en peu d'années, à un très haut degré de perfectionnement ; divisée aujourd'hui en deux grands Instituts, elle étonne l'Furope savante, fait l'admiration de toute l'Allemagne, fixe l'attention particulière de divers (iouvernemens, et a
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produit dans tous les lieux, où on est parvenu à Fétablir, la révolution la plus avantageuse dans renseignement do la Jeunesse.
Le principal but de l'enseignement de Pestalozzi n'est pas seulement de communiquer à ses Elèves un certain nombre de connaissances exactes, mais surtout de donner aux facultés du l'"'" <àge le mode de culture qui leur convient, d'exciter et de développer ce [er germe de raison inhérent à notre nature intellectuelle, et qu'on ne sait pas toujours découvrir, encore moins cultiver dans l'enfance, si malheureusement négligée parmi nous. Cette Méthode prend les Elèves dans le plus bas âge, précède toute autre éducation, et doit être considérée comme une préparation essentielle à toute la suite des études. C'est l'institution primaire par excellence.
Cette institution se compose do quatre parties principales :
1° Le soin d'imposer des noms aux choses, c'est ce que Pestalozzi désigne sous le nom de ÎManuel des Mères.
2" Une (ïéométrie pratique, où l'enfant apprend à tracer les figures et à connaître leurs rapports les plus simples, sans se servir ni de la règle ni du compas, avec autant de précision que s'il employait ces instruments.
S** Un calcul qu'on pourrait encore appeler figuratif, où les abstractions mathématiques sont toujours représentées aux sens et rendues palpables ou visibles.
A'^ Un dessin métrique qui n'est encore qu'une sorte de Géométrie sensible.
Deux ans suffisent pour la durée de ce premier enseignement ; lorsqu'il est terminé, les Elèves sont assez
exercés jDour apprécier, eu un coup d'oeil, les distances, proportions et dimensions des objets, décomposer méthodiquement leurs formes et les retracer exactement par le dessin. Ils ont tous une très belle écriture ; enfin l'œil et la main, ces deux premiers sens de l'intelligence, ont acquis chez eux toute la justesse et la précision d<mt ils sont susceptibles. On peut sentir par là combien cette méthode, précieuse pour toutes les classes de la Société, Test plus particulièrement pour l'éducation des classes inférieures dont le premier besoin consiste à joindre à un exercice juste et régulier des sens une raison pratique, ferme et prompte, apjplicable aux objets d'une utilité immédiate.
Par les mêmes raisons, la méthode de Pestalozzi est éminemment propre à former de bons Instituteurs primaires pour les Communes rurales, aussi est-elle employée en Allemagne avec le plus grand succès dans les Ecoles normales. Et c'est cet exemple salutaire que nous tendons de tous nos efforts à approprier à notre pays, où nous manquons absolument de Sujets pour l'institution primaire des Communes.
J'ai dû m'arreter quelques instans à développer une bien petite partie des avantages de cette méthode ; je serais iieurcux si j'avais pu du moins faire naître le désir de la voir introduire dans notre Collège, où je suis assuré qu'elle aura les mêmes succès dont elle a joui partout ailleurs.
Je ne dois pas taire pourtant ici les reproches qu'on lui a faits. On l'accuse de rendre l'esprit trop aride, le jugement pour ahisi dire trop roide et trop infk'xible, on l'accuse de s'attacher troj) exclusivement à un petit nombre d'idées et de rapports susceptibles de mesures exactes, et de laisser ainsi, sans développement et sans
culture, plusieurs facultés essentielles de l'esprit humain, telles que rimagination, la mémoire et la réflexion intérieure ; mais ces reproches n'ont trait qu'à l'influence cpie pourrait avoir cette méthode, si elle était employée exclusivement dans l'éducation des classes supérieures de la société, car, pour les classes inférieures, le reproche même serait peut-être un motif d'adoption : au surplus, nos Professeurs de langues, de littérature et de philosophie sont là pour rétablir Téquilibre des facultés, en ajoutant dans l'institution secondaire ce qui manquerait à la méthode de Pestalozzi toute seule pour, le développement complet des talens divers ou des dispositions naturelles des Elèves dans tout ce qui tient aux Arts d'imagination.
Il ne faudra pas craindre pour les Enfans élevés à la manière de Pestalozzi l'abus si conunun dans les éducations ordinaires, de se payer de mots vuides de sens, de former des associations d'idées fausses et irrégulières. Dès l'institution primaire les Elèves auront acquis l'habitude de n'admettre dans leur mémoire que des signes représentatifs d'idées claires et intelligibles, de lier toujours la connaissance de la chose à la véritable acception du mot, et d'observer, dans tous les progrès ultérieurs, l'étroite liaison et le véritable ordre de subordination des idées déduites régulièrement les unes des autres. Quel avantage inestimable pour les Instituteurs secondaires d'avoir à travailler ensuite sur un fond si riche et si bien préparé !
.Y. B. — Les Pères de famille, qui ne pourraient pas se rendre à l'Assemblée indiquée pour le 31 juillet, sont invités à donner leur adhésion, ou à présenter leurs observations par écrit, en s'adressant au Sous-
Bergerac, le (la date manque) 1807.
Sous-Prkfet de l'arrondissemknt dk Bergerac
A Monsieur Degérando, Secrétaire général DU Ministère de l'Intérieur,
Mon cher et honorable ami, toutes les fois qu'il m'arrive de faire quelque bonne cliose, d'avoir quelque pensée élevée ou utile au jDetit pays que j'administre, je voudrais vous y associer ou vous avoir pour témoin ; et souvent je vous raj)porte ces pensées ou actions comme au bon génie qui me les a inspirées par ses leçons, ou suggérées par ses exemples.
La ville de Bergerac, la plus populeuse et la mieux située du département, et aussi la plus riche autrefois par son commerce, n'a jamais eu d'établissement d'instruction publique. Je travaille à lui en donner un ; la nouvelle école, que je vais fonder par le concours des pères de famille dont j'ai réveillé le zèle, doit se montrer à la hauteur des connaissances actuelles, et surtout à celle des grandes et belles méthodes d'enseignement dont une étude plus approfondie des facultés humaines nous donne la clef, et dont vous êtes parmi nous le premier propagateur ; en cette qualité et au titre de l'amitié, de la confiance qui nous unit, à celui de la protection éclairée que votre place vous met à même d'accorder à tous les établissements publics, je vous dois l'hommage de mon projet de collège, dont vous trouverez ci-joint un exemplaire. Vous reconnaîtrez, mon cher ami, dans ce petit projet, les fruits de la lecture de votre excellent traité des méthodes, particulièrement pour ce qui concerne la méthode de Pestalozzi
LES DISCOURS l'HILOSOf HIQUKS UK r.Kl;(i liliAC 22!»
sur laquelle je voudrais baser toute uotrc institution primaire, comme étant la mieux ap})ropriée au développement de ces facultés de raison, daltentiou, dont l'usage est le plus indispensable dans la vie humaine et dans tous les états de la société. Je vous dois l'idée de faire de l'institution de Pestalozzi une école normale, propre à former, pour les communes, de bons instituteurs primaires dont nous manquons ici absolument ; quoiqu'on puissent dire certains personnages du jour, ce n'est qu'en éclairant les hommes, en développant, en eux, par de bonnes habitudes premières, ce germe de raison inhérent à notre nature, en les prémunissant contre les illusions d'une imagination déréglée, qu'on peut rendre l'espèce meilleure et plus heureuse. Vous concourez puissamment à ce grand but par votre génie et votre position ; placé moi-même sous tous les rapports dans un plus bas degré de l'échelle, je n'en chercherai pas moins toujours à y porter aussi ma petite pierre, et je me tiendrai ainsi autant que possible à l'unisson de vos sentiments et de vos vues, en nie montrant digne d'être votre ami.
Je vous demanderai votre appuy au besoin pour notre collège de Bergerac. Si vous connaissiez quelque bon sujet qui voulût nous apporter ici ses talents et ses lumières, nous ferions eu sorte de le dédommager par un accueil distingué, par les douceurs de la société, et des émoluments assez considérables, des sacrifices qu'il pourrait faire en venant se placer sur un aussi petit théâtre. Je vous demande surtout vos conseils et votre opinion sur mon projet de collège. Que ne suis-jc plus à portée d'en profiter et de m'instruire, ou de me rencontrer avec vous par une communication plus intime et plus assidue de sentiments et d'idées I,.. Cette époque
arrivera, je Tespère, mais toujours trop tard au uré de mes désirs, trop tard aussi pour les besoins de mon esprit et de mon cœur, qui trouvent ici un vuide immense à remplir.
Je joins à mon prospectus de collège l'exemplaire dun petit discours que j'ai adressé aux religieuses charitables de notre ville, en les installant dans l'ancienne communauté où elles sont rentrées en vertu d'un décret impérial du 11 mai dernier. J'aime à m'honorer à vos yeux des sentiments qui ont dicté ce discours.
J'ai su par ma correspondance soutenue avec notre bon et malheureux ami Ampère tous les détails de ses souffrances. Grâces à vous, il est plus tranquille aujourd'hui, il montre plus d'énergie et de courage ; il a pris le seul parti qui convenait à sa position ; eniin il sera rendu à la science et à l'amitié. Vous seul pouviez l'arracher à l'abyme où son inexjDéricnce jointe à une sensibilité et à une imagination trop exaltée l'avait précipité. Soyez béni au nom de tous les sentiments généreux, élevés et tendres qui remplissent votre àme, dirigent vos actions et vous concilient, vous attachent à jamais tous nos cœurs.
Donnez -moi de vos nouvelles ; si vous avez cjuclques instants, parlez quelquefois de moi à votre digne et excellente épouse, à vos amis qui sont les miens, et recevez l'assurance des sentiments les plus affectueux ({ue vous a voués pour toujours.
P. S. — A\ ez-vous quelques nouvelles de ce qui se passe à l'académie de Berlin ? nous voici arrivés à l'époque probable de la distribution des prix, si tant est
qu'il y en ait une. Je vous serai l)ien obligé de m'en oomniuniquer les résultats, si vous êtes instruit avant moi.
Je vous prierai bien aussi au nom <le la justice autant <{ue de l'amitié de recommander la sous-préfecture de Bergerac au bureau de l'intérieur où Ton s'occuppe de la répartition des frais de bureaux des diverses administrations. Mon arrondissement comprend le tiers du département où il y a cinq Sous-préfectures. Il y a aussi le tiers de la population totale, de l'impôt et les affaires y sont plus nombreuses que partout ailleurs. Je paye quatre employés qui suftisent à peine à la besogne, et cependant je n'ai pas plus de frais de bureaux que les plus minces sous-préfectures. Cela est-il juste ? Je me ruine aussi dans cette pauvre place. Je vous aurais bien de lolîligation si vous pouviez me faire traiter un peu mieux (1).
(1) Copiée sur Toriginal qui m'a élô conimuniciué par M. Degérando fils en mars 1873 (Delpil).
Cette lettre a déjà été publiée par M. le chanoine Mayjonade {/tevue de Ullc) et M. de la Valette-Montbrun {La Quinzaine).