‹ uvres de Maine de Biran (volume 2)Chapitre 7 sur 51 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

DES FONCTIONS DE L'OUIE ET DE LA VOIX, DES FACULTÉS ET DES IDÉES ÉLÉMENTAIRES QUI PEUVENT EN ÊTRE DÉRIVÉES (I)

Les impressions immédiates que fait sur l'organe de l'ouïe un fluide extérieur en mouvement, l'ébranlement et l'espèce de commotion affective que ce fluide sonore

(1) Le rapport particulier, sous lequel j'envisage les fonctions des sens, me dispense de faire l'analyse de celle du goût. J'aurais pu de même omettre celle de 1 odorat, si je ne me fusse occupé que de l'ordre réel et naturel de la dérivation de nos facultés intellectuelles des sens où elles prennent véritablement leur origine ; mais j'avais un autre but, qui n"a pu échapper à mes juges, et qu'ils pourront encore mieux apprécier, après avoir entièrement parcouru cette analyse. Je crains de n'avoir que trop insisté sur une pure hypothèse, et je ne la renouvellerai point en cherchant dorénavant dans l'exercice d'un sens ce qui n'y serait point actuellement compris, ou ne pourrait en être dérivé, qu'en forçant toutes les suppositions. Les fonctions propres de l'odorat et du goût se rapportent directement à la vie intérieure ou nutritive ; elles sont en pleine activité, sous la loi exclusive même de l'instinct. Ce fait, sur lequel on ne peut élever aucun doute, a déterminé l'auteur d'une nouvelle division physiologique (voyez l'ouvrage intitulé : Division des phénomènes physiologiques par M. Dubuisson, an XI) (qui me paraît avoir mieux précisé dans certains points, les vues <lu célèbre Bichat) à ranger ces deux sens dans une classe séparée de celle qui comprend les organes ou instruments de la vie active de conscience. Le même point de vue se trouve indiqué dans un Mémoire sur l'hahilude. couronné en l'an X par l'Institut national.

Tant ([ue les affections et les mouvements de ces organes s'accomplissent ainsi dh'cclement ou par réaction sympathique, ils ne

a la propriété de commoiiiquei' à^tout le système sensible, sont bien loin sans doute de ces caractères émiiieiits de relation, d'activité, de conscience, de netteté ou de distinction dans le sens, de révocabilité dans le souvenir, que doivent acquérir les perceptions auditives dans la suite des progrès d'une vie intellectuelle, dont elles deviennent le premier mobile et constituent presque tout le fondement.

I 1. — Fonctions passives de l'ouïe

L ouïe, plus que 1 odorat, est immédiatement accessible aux impressions qui viennent, pour ainsi dire, la chercher sans qu'elle paraisse douée d'aucune force de locomotion pour aller au-devant d'elle, d'aucune activité propre pour les appeler ou les écarter, les modérer ou les suspendre. Ce n'est point d'abord le nerf auditif ou le centre, dans lequel la perception est censée directement s'accomplir, qui s'y trouvent seuls intéressés, mais encore diverses parties de la même combinaison organique. L'enfant, dès sa naissance, trémousse au bruit qu'il n'entend point encore ; dans l'état

peuvent en aucune manière servir d'origine aux facultés intellectuelles; c'est lorsqu'ils passent ullérieurement et en partie sous la puissance du vouloir, qu'on peut y trouver quelque lumière, ou y assigner quelque moyen de développement. Considéré sous ce dernier rapport et dans la manière dont il est expressément activé et immédiatement appliqué à son objet résistant ou solide, le sens du goût pourrait être assimilé, jusqu'à un certain point, au toucher ; il contribuerait ainsi avec lui à la connaissance directe des existences étrangères, et au développement des facultés originelles qui s'3^ rapportent. Ce que nous avons à dire, sur ce dernier article, suppléera donc à l'omission actuelle. Quant à ce qui concerne les fonclions spéciales du goût, et leur rapport à l'instinct de nutrition, nous n'avons pas besoin d'en parler.

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de surdité complète, comme dans une audition toute jDassive, l'affection sonore porte sur différents sièges, tantôt comme chatouillement interne, tantôt comme une véritable douleur, et plus le physique et le matériel du son renferme ainsi les conditions d'une excitabilité sensitive, plus il s'éloigne de celles de la connaissance et de l'aperceptibilité j^ersonnelle qui en est la base. Par cela seul donc qu'un être sentant deviendrait toutes les affections de cette espèce, il serait en dehors des lois et des moyens originaires de l'intelligence, et ne pourrait s'y élever de ce point par aucune transformation.

L'hypothèse précédente sur l'odoration active a pu nous conduire à admettre dans le mode relatif d'effort inspiratoire (indéiDcndant de toute impression provocante du dehors, et même de tout résultat sensible; un sujet constitué comme force agissante sur ou par un terme organique. Lorsque l'impression d'odeur est venue ensuite se joindre, pour ainsi dire, à ce fond d'existence aperçue, soit comme résultat d'action, soit passivement, nous avons pu retrouver là les deux éléments d'une véritable sensation composée et le principe générateur de deux ordres de facultés et à'idées élémentaires.

Ici, il n'y a pas lieu à feindre même aucune hypothèse de cette nature. L'ouïe ne se mettra point enjeu, d'elle-même, hors d'une cause extérieure d'impression, et lorsque celle-ci arrivera à l'organe, l'affection seré nécessairement pure, et pas même composée de ce jugement, qui constitue pour l'individu un siège, auquel ilj rapporte des modifications, qu'alors seulement il peutj être dit sentir sans les devenir.

Sans doute il y a dans le développement actuel dej

nos facultés une puissance à'audition bien plus marquée, et qui a bien de tous autres elTets que celle (Vodoration. La force motrice, ou la volonté présente dans l'état de veille à tous les organes qu'elle tient sous sa dépendance immédiate, active, suivant les cas, leurs divers phénomènes par une détermination expresse. Les perceptions auditives semblent bien être souvent des produits partiels de cette activité, expressément déployée sur le sens, pendant que la cause sonoi^e l'impressionne du dehors. Les muscles de l'oreille mis en jeu par une fonction que l'on peut, ce me semble, appeler proprement volontaire, sont portés de cet état commun de tension, qui fait la veille particulière de l'organe, à un ton supérieur qui détermine l'audition distincte. Et c'est cette intervention positive de la volonté que le langage exprime par le terme écouter, dont le sens n'est, pour personne, le même que celui à.^ entendre (comme l'acception du mot flairer diffère de celle àunioi sentir, appliqué particulièrement aux odeurs (1). Mais ici l'application de la volonté est-elle première.

(1) Les verbes sont, il est vrai, également actifs dans les deux cas, et comme dit Bayle dans l'article déjà cité à l'occasion de la girouette, nous nous servons du verbe actif pour désigner des modes dont Tàme (ou le moi) n'est pas la cause efficiente, comme nous nous en servons quant aux actes de la volonté. Ainsi nous disons {je souffre, je sens de la douleur, je vois, etc ) commère veux, j'agis, je regarde, etc. Toute proposition ou tout jugement énoncé suppose bien réellement une participation de l'être qui sent les modifications qu'il éprouve et aperçoit celles qu'il concourt à produire par un acte exprès de la volonté. Dans ce dernier cas, Vactivité proprement dite existe dans la réalité comme dans l'expression. Dans le premier, la phrase, simplement énonciative d'abord, s'est contractée en un seul terme qui porte la livrée des verbes d'action, mais sans en avoir, pour ainsi dire, le corps ou la substance. Nous reviendrons ailleurs sur cet objet.

et aussi directe qu'elle le parait ? A-t-elle pu, dansTorigine, peut-elle même actuellement prendre quelque initiative et une prédominance réelle sur les impressions qui la provoquent ? Ne leur est-elle pas au contraire plus ou moins subordonnée ? Ce qu'il y a de certain, c'est que, hors de ces impressions, il n'y a point de sentiment intérieur d'un effort ou acte quelconque, qui ait pour terme l'organe de l'ouïe considéré dans ses fonctions propres. Et ce n'est point seulement parce que l'action motrice s'accomplit ici intérieurement ou hors de la portée d'un autre sens, qui pourrait en objectiver le résultat, puisqu'il y a d'autres mouvements qui s'exécutent d'une manière tout aussi secrète, et dont nous n'apercevons pas moins clairement, dont nous ne nous approprions pas moins l'entière exécution. Mais c'est que la force motrice ne suit point ici sa propre détermination, c'est qu'elle agit toujours d'une manière subordonnée, c'est qu'elle manque des moyens propres à lui rèfUchir ses produits distinctement de toute autre inqorcssion et lui apprendre ainsi à les diriger.

L'effort auditif n'ayant donc jamais pu être aperçu ni déployé originairement, hors de la sensation présente, ne formera point avec celle-ci un composé réel. L'acte ou le mouvement ignoré par le sujet est comme nul pour lui, ainsi que l'est la cause externe d'impression pour l'être moteur et sensible qui, méconnaissant son influence, s'en attribuerait tout l'effet. De même que l'individu odorant comme il veut, et parce qu'il veiit^ est pleinement actif pour lui-même, quoique impressionné du dehors à son insu, celui qui entend ou sent simplement les sons extérieurs, devra se sentir (lorsqu'il est constitué moi) comme s'il était entièrement passif dans l'acte inaperçu qui concourt avec la sensation, ou la

détermine peut-être. C'est ainsi que les mêmes faits jugés au dehors par ToLservateur, ou pris intérieurement dans la conscience du sujet, sont le plus souvent en opposition absolue (Voyez le chapitre précédent).

Dans l'état actuel, on pourrait caractériser et circonscrire hypothétiquement les facultés intellectuelles d'un être supposé borné au sens jjassif de l'ouïe, et l'on ne retrouverait en effet que des caractères ou des circonstances de la même sematirm ; rien ne pourrait être pris, pour ainsi dire, qaen dedans d'elle. L'être fictif serait dit donner son attention, rappeler, comparer, etc., les sons qu'il deviendrait tour à tour, et ces opérations qu'il exe'rce, il ne les veut, ne les connaît, ni n'a aucun moyen de les connaître ou de se connaître lui-même.

Cependant, le sens de l'ouïe est éminemment réfléchi : c'est lui qui entend tout, répète, redit tout, jusqu'aux modifications les plus intimes ; c'est le sens de la conscience, c'est celui de Y entendement, de cette faculté par excellence, par laquelle l'être pensant entend (dans toute la force du mot) à tous les actes qu'il détermine.

11 est de fait que la privation de ce seul sens entraîne celle de presque toute l'intelligence. Sans lui, l'individu abandonné à lui même, demeure dans un état Aoisin de l'imbécilité, et lorsque le bienfait inestimable d'une éducation soignée, dirigée parle génie, parvient à l'élever à la dignité de l'être pensant, qui conçoit les choses en s'en faisant des images claires, exactes et distinctes, jamais il ne le porte à ce degré où il puisse concevoir ses propres actes, s'en faire des idées, se réfléchir, et se penser lui-même. Tous les autres sens suppléent l'ouïe dans ce qui se représente, aucun ne peut la remplacer dans ce qui s'aperçoit et s'entend au dedans de nous.

D'où lui vient donc ce caractère de réflexion et d'acfi-

vite qui semble d'abord si étranger à ses fonctions directes ? Faut-il l'attribuer uniquement à la faculté de recevoir les impressions du fluide sonore, et d'en être affecté ? N'y a-t-il pas un organe de communication, un mobile propre d'activité qui, n'étant d'abord qu'une dépendance essentielle du sens immédiat de l'ouïe, reprend bientôt sur lui l'initiative réelle d'action, lui transmet, lui réfléchit celle de la volonté qu'il reçoit plus directement, le fait rentrer dans son domaine, et le constitue ainsi le premier organe de l'intelligence ?

II, — Fonctions actives vocales. Origine naturelle de

LA réflexion et DU JUGEMENT

On ne voit point d'êtres de notre espèce, doués de la faculté d'entendre, et privés de celle de former euxmêmes des sons, ou d'imiter ceux qui les frappent, et la nature semble avoir pris soin de modeler, l'un sur l'autre, les organes de l'ouïe et de la voix, en proportionnant presque toujours la finesse ou la grossièreté de l'un, à la flexibilité ou à la rudesse de l'autre. Cependant, on a trouvé quelques individus, dans l'état sauvage, dont l'instrument vocal s'était, pour ainsi dire, paralysé par un défaut absolu d'exercice, et qui^, quoique frappés par le l)ruit, paraissaient totalement privés de la faculté de distinguer des sons ordinaires, ou n'y donnaient absolument aucune attention ; ce qui prouverait déjà que la perceptibilité auditive se rapporte bien plus à l'organe actif, qui répète intérieurement et imite d'abord, comme par une sorte d'instinct moteur sympathique, les sons qui viennent frapper l'ouïe, qu'au sens passif qui reçoit les impressions immédiates.

Nous trouvons donc ici une fonction motrice particulière, qui fait bien plus que remplacer celle dont nous avons précédemment observé ou plutôt supposé les produits. Là comme ici, cette fonction concourait à rendre perceptible l'impression faite par une cause étrangère, à l'approprier à la conscience de l'individu, comme une de ses créations. Mais ce terme de motilité étant confondu avec l'organe sensitif, impressionnable par une cause extérieure présente, quoique ignorée, la sensation qui en serait l'efl'et réel suivrait nécessairement l'effort inspiratoire, sans qu'il. y eut aucun moyen de séparer les deux produits élémentaires, sans que la volonté pût reconnaître le sien. De là l'incertitude, l'hésitation, lorsque les choses viennent à changer autour de l'individu, la difficulté de reconnaître ce qu'il y a de réel d'une part, et d'illusiore de l'autre, dans l'exercice de la même puissance, l'impossibilité de distinguer ce qui se sent de ce qui s'imagine, et souvent ce qui se refléchit en soi comme création de l'efïbrt, de ce qui se représente, pour ainsi dire, dans un mode forcé venu d'ailleurs. De là enfin, ce vague imaginaire qui s'attache [dans la résistance au désir) à la conception d'un non-moi.

Ici l'organe moteur est séparé de celui qui reçoit l'impression, et n'en correspond pas moins avec lui, n'en active pas moins, n'en active même que mieux ses fonctions perceptives. A l'instant où l'ébranlement sonore est communiqué à l'ouïe, outre la réaction motrice simultanée et inaperçue qui complète la sensation, il y a de plus une détermination du même ordre, qui va mettre en jeu l'instrument vocal; celui-ci répète le son extérieur et lui fait écho ; l'ouïe est frappée de deux impressions, l'une directe, l'autre réfléchie, intérieure ; ce sont deux empreintes qui s'ajoutent, ou plu-

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tôt c'est la même qui se redouble, c'est comme si l'odorat, étant d'abord directement impressionné, l'efTort inspiratoire qui s'exercerait par un autre organe correspondant (Jel que la bouche, par exemple), avait la faculté de reproduire absolument la même sensation, celle-ci se trouverait véritablement redoublée, savoir : une première fois par l'action de la cause extérieure accompagnée ou non de quelque degré d'effort inaperçu et une seconde fois, sans le concours d'aucune cause autre que la volonté, avec un effort perceptible dans sa détermination ou dans son produit sensitif ; je crois que le parallèle est exact.

Maintenant, pendant que l'impression se fait sur l'organe externe, nous concevons comment la détermination vocale, qui s'y joint, peut la renforcer en la doublant, l'active et lui communique le caractère d'aperception inhérent à l'effort volontaire. La cause extérieure cessant d'agir, la même détermination peut s'effectuer encore, et l'organe sera impressionné de nouveau de dedans au dehors, la sensation sera complète, sans qu'aucune force étrangère concoure à la produire. C'est ici une circonstance unique et qui devait bien frapper, ce semble, les philosophes qui ont fait l'analyse des sens, pour connaître la part que chacun d'eux peut prendre à nos facultés originelles.

Dans Todoration active, telle que nous l'avons supposée, l'individu attrilnic bien d'abord à sa puissance les premières modifications qu'il reçoit, mais il est dans une illusion dont le spectateur juge, et que l'expérioncc ou le cours naturel des choses doit promptement dissiper. C'est seulement lorsque ses impressions deviennent tout à fait passives, ou qu'il se sent modifié malgré lui, qu'il

soupçonne et imagine vaguement quelque force différente de la sienne.

Dans l'etlort vocal et la sensation qui le suit ou l'accompagne, il n'y a point d'illusion que l'expérience réfléchie doive détruire ; l'ouïe est, en quelque sorte, elle-même le juge de la différence des deux impressions directe externe, et réfléchie intérieure qui se succèdent. Celle-ci se rattache invariablement à la cause moi c[ui la produit avec conscience. L'autre se rapportera donc, par une simple perception de contraste, à quelque autre cause non moi, conçue alors seulement sous cette propriété négative. Il n'y a pas là de surprise, point de ces grands effets d'imagination, que peut faire naître la résistance au désir, quand il est excité par toute la force du besoin ; les sons n'ont point cette propriété excitative qui convertit d'autres sensations en besoins impérieux.

Dès que le son direct se distingue du son produit et réfléchi par un contraste marqué, qui se fonde d'une part sur l'activité de l'effort dans une modification, et sur son absence clans l'autre, le souvenir ne peut se confondre avec l'impression, pas plus cpie la perception avec la sensation passive ; ce souvenir n'est ici qu'une perception réelle, qui frappe encore le sens, quoiqu'il n'y ait jilus de cause extérieure, et la mémoire des son-s n'est autre que la faculté qu'a la voix d'impressionner en partie l'ouïe, comme le ferait l'objet sonore lui-même, s'il était encore présent ; je dis en partie parce qu'il y a effectivement deux parties dans l'impression cjue reçoit l'oreille : l'une, purement sensitive, reste bornée à l'organe qu'elle affecte, ou s'étend par consensus à tout le système sensible, suivant la nature du son, et en particulier la qualité du timbre : l'autre partie spécialement

appropriée à la voix, s'adresse presque tout entière à son organe, c'est celui-ci qui la reçoit, l'entend pour ainsi dire, la répète et l'imite dans sa dernière perfection.

Ces deux j^arties (audible ou vocale) ne se trouvent pas également réunies dans chaque son ou chaque suite de sons, et les habitudes, ou certaines dispositions propres du sujet, peuvent faire quelquefois prédominer l'une sur l'autre. La partie audible du son direct est une simple sensation ; l'individu qui y serait borné ne percevrait, ne distinguerait rien par l'ouïe, il serait frappé ou ébranlé par ces impressions comme par du bruit. C'est de cette manière que serait probablement modifié (par des sons quelconques) celui qui naîtrait avec l'instrument vocal paralysé, quoique l'organe auditif fût en bon état. C'est ainsi que nous le sommes nous-mêmes, lorsque les sons ont certains caractères trop affectifs ou qu'ils sont dénués de toute analogie avec ceux que nous pouvons rendre et imiter par les accents de la voix ; de telles impressions n'entrent point ou ne persistent point dans la mémoire.

La partie vocale réunit tous les caractères de la perception ; l'organe qui la reçoit, sans en être sensiblement afl'ecté, ne fait que la transmettre à un centre d'activité, qui la complète dans son siège direct comme sensation, l'effectue de nouveau, et la recueille encore dans son redoublement, comme produit d'un effort qu'il détermine : à chaque impression reçue correspond un mouvement particulier, et une détermination du même ordre qui prépare le rajjpel volontaire de la même sensation, aussi distincte quand elle part du dedans que lorsqu'elle venait du dehors.

ni. — Résultats des deux fonctions. Facultés passives

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