LES DEUX MEMOIRES SUR L HABITUDE
Le fond de la doctrine ne dillère pas essenliellement dans les deux Mémoires, mais d'une part les idées fondamentales sont plus distinctes dans le Second Mémoire que dans le Premier, et nueux ordonnées, d'autre part, lesconsidérations physiologiques y sont moins abondantes.
Dans le Premier Mémoire, il divise la question en li-ois parties.
Première jHirlie. — .Sensations et perceptions. Impressions diverses de nos organes, considérées sous ces deux rapports. Idées. .Mémoire. Imagination.
Deuxième partie. — Influence de l'habitude sur les sensations, les perceptions et les opérations qui résultent de leurs associations entre elles et avec les signes.
Troisième partie. — Termes al)slrails el couiplexes. (>|iérations qui en dépendent. Iniluence de Ibabilude sur les opéra-
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lions ol les senlimenls particuliers qui accompagnent leur exercice.
Dans le Second MèinoireW expose, sous forme A'inlroducliuti, l'analyse de la pensée. Il commence par diviser toutes nos impressions en passives et actives, rattache aux premières l'imagination et les sentiments, aux secondes la mémoire. Le rappel des idées par leurs sig-nes entraîne lui-nu^me les jugements portés sur la valeur de ces derniers ou sur les rapports des idées mi^mes, puis les raisonnements et les méthodes. C.ette décomposition de la pensée qui fera l'oljjet propre de son Mémoire sur la dêcomposUion de la pensée occupe à peine le (piart de celui-ci. La partie positive est entièrement consacrée à l'étude de Tinlluencc de l'habitude sur chacune des facultés élémentaires qui la composent; elle se divise elle-même en deux parties; dans la première .Maine deBiran étudie l'influence de l'hahitude sur la passivité, dans la seconde, sur l'activité. D'où leurs titres: //nbiludes passives et Habitudes actives. Dans le Mémoire de ISOi, on pouvait relever plus d'une confusion, .\insi à la lin de la seconde partie, Maine de liiran parle de l'induence de l'habitude sur les mouvements et les sons articulés volontairement associés aux perceptionsel entre eux. Il semble que la véritable place de ce paragraphe se trouve dans la troisième partie où il traite des termes abstraits et complexes. Inversement le paragraphe 3 de la troisième partie sur les sentiments qui accompagnent l'exercice de nos opérations aurait dû être, du moins pourcette classe de sentiments et de passions qui se rapporteur à l'exercice de l'imagination, rattaché à la deuxième partie. 11 ne nous paraît donc pas douteux que le Second Mémoire marque un progrès notable sur le second, si l'on envisage la composition ou l'oi'dre des idées. Il nous reste ù montrer que dans le fond comme dans la forme il est plus original.
Dans le l^reniier Mémoire, Maine de Biran semble avoir à cii'ur de justifier la pensée de Bonnet qu'il inscrit en exergue : t' Oue sont toutes les opérations de l'àme, sinon des mouvements et des répétitions de mouvement »? En tête du brouillon