‹ uvres de Maine de Biran (volume 5)Chapitre 7 sur 12 · MAINE DE BIRAN A LABBÉ DE FELETZ · texte numérisé non relu

MAINE DE BIRAN A LABBÉ DE FELETZ

assez opposées à celles que l'on professe à Auteuil et à l'Institut. Il s'occupe beaucoup de morale et a formé un beau plan qui l'occupe par-dessus tout, celui de réconcilier les disciples de Kant avec ceux de Condillac, il prétend avoir trouvé le lien qui unit les deux doctrines. Son mémoire qui a partagé le prix cà l'Académie de Berlin va paraître, on nous annonce aussi un grand ouvrage de Prévost, sur l'idéologie, un autre d'un nommé Jacg"M.einont dont on fait ici grand cas. Je vous apporterai tout cela. J'ai lié connoissance avec Laromiguière et Lebreton, deux amateurs d'idéologie ; comme ils restent à Paris, c'est avec eux que je cause le plus et leurs conversations me sont plus agréables qu'utiles. Cabanis vient de m'envoyer son grand ouvrage qui sort de dessous presse. Vous ai- je dit que le mémoire qui a été mentionné honorablement sur l'habitude était de Canard ? Ce Canard le chante sur tous les tons. Décidément, je fais imprimer mon ouvrage, j'ai bien balancé, mais il faut -commencer par quelque chose. Je ne partirai pas d'ici que ce ne soit achevé, dans un mois environ. Tous mes projets sont à volo, il faut renoncer au Tribunat, les nominations au Corps Législatif sont incertaines, on m'engage à me tourner du côté de l'Instruction publique, oii je trouverai plus de certitude et de facilités, nous verrons. Adieu, mon cher ami, je suis très occupé à faire quelques •corrections, à ajouter quelques notes à mon mémoire. Je vais l'être aussi à corriger les épreuves. Tout cela, joint au courant d'affaires, ne me laissera guère de tems, écrivez-moi quelquefois, je trouverai toujours du tems pour vous répondre.

P. -S. — J'oubliais de vous dire, pour ce qui concerne l'Instruction publique, qu'on n'a le projet d'établir que

cinq lycées en l'an XI ; on se déterminera pour le placement des autres, d'après le rapport des commissaires envoyés à cet effet dans les départements. J'ai beaucoup parlé du nôtre à Villars et Cuvier, j'ai fait mon possible pour les prévenir en notre faveur et j'ai lieu d'espérer que dans le tems ils ne nous seront pas contraires, mais je suis convaincu que toute autre démarche que l'on feroit ©n ce moment auprès du ministre ou du gouvernement seroit inutile, prématurée et n'aboutiroit qu'à quelques promesses vagues et conditionnelles; vous pouvez assurer ceux qui vous parleront autrement qu'ils n'en savent rien.

Salut et amitié.

Copiée sur l'orignal, trouvé dans les papiers de M. de Feletz et qui m'ont été communiqués avec permission d'en prendre copie, en a,xn\ 1850,. par Mlle de Foucaud. (Delpit).

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