‹ uvres de Maine de BiranChapitre 10 sur 63 · IV. — Affections auditives · texte numérisé non relu

IV. — Affections auditives

Nous avons déjà remarqué que le premier effet des sons, comme celui du bruit, est d'ébranler et d'affecter sympathiquement tout le système nerveux dans ses principaux foyers. Nous pouvons ajouter ici que diverses expériences positives concourent à prouver que l'organe auditif n'est pas le seul conducteur des affections produites par les ondulations sonores. On a vu, en effet, des individus complètement sourds éprouver des affections particulières dans diverses régions du corps, notamment à l'épigastre, quand on faisait vibrer près d'eux les cordes d'un instrument de musique sur lequel ils appliquaient la main. On connaît aussi l'effet des sons sur certains animaux qui paraissent en être vivement affectés, au point de pousser des cris aigus. C'est par une influence semblable qu'on guérit certaines maladies au moyen de la musique, comme aussi on excite des affections nerveuses, quelquefois des passions tristes ou furieuses, dans des sujets sensibles à certains cris, à certains timbres d'instruments (1).

(1) J'ai "vn moi-même des personnes qui ne pouvaient entendre les sons de l'harmonica sans s'attendrir d'abord jusqu'à verser des larmes et finir par tomber en syncope.

Remarquez que c'est à ce qu'on appelle timbre dans les sons et accent dans la voix que s'attache cette partie proprement affective des phénomènes auditifs ; c'est par là aussi que l'ouïe est im des principaux organes de cette sympathie, qui rapproche et lie intimement tous les êtres doués de la faculté de sentir et de manifester ce qu'ils sentent par les diverses modifications de la voix.

A chaque passion, ou émotion de l'être sensitif, la nature semble avoir

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