‹ uvres de Maine de BiranChapitre 11 sur 63 · DES AFFECTIONS PARTICULIÈRES · texte numérisé non relu

DES AFFECTIONS PARTICULIÈRES

Dans tous ces cas divers, les impressions sonores ne se localisent ou ne se distinguent point dans leur sens propre, mais elles se confondent dans une affection générale que le moi peut devenir sans l'apercevoir. Mais, indépendamment de ces produits généralement affectifs des impressions auditives, indépendamment aussi de tout ce qu'ajoute aux perceptions complètes de ce sens l'activité de son organe répétiteur, celui de la voix, qui est comme une sorte de locomotion volontaire, il y a dans l'audition, comme dans la vision encore passive, un élément approprié sjjécialement à la perception et qui consiste de même aussi :

1^ Dans une distinction organique des divers tons qui se succèdent dans un temps, ou se coordonnent harmoniquement sans se confondre. Cette distinction organique se fonde, en effet, sur la construction ou la forme particulière de l'organe auditif, admirablement bien approprié à la distinction des sons, puisque la division et

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lié un accent particulier qui l'exprime et fait sympathiser avec elle tous ceux qui peuvent en entendre le signe. C'est la nature même qui inspire le cri profond de l'âme, que toutes les âmes entendent et quel toutes répondent à l'unisson. La parole articulée, la véritable «xpression inteUeetuelle est encore loin du berceau de Tenfant, et déjà un instinct natif modifie ses premiers vaeissements de manière à exprimer les appétits, les besoins, les affections ou les passions naissantes. Déjà instruite à la même école, la mère a saisi cette sorte de langage ; eue y répond à son tour par d'autres signes accentués, dont la sympathie explique le sens et fixe la valeur. Le pouvoir svmpathique des accents et des voix se trouve aussi dans toutes les langues des peuples encore enfants, qui ont à se communiquer plus de sensations que d'idées. Là se trouve encore en grande partie la cause de Tascendant extraordinaire de ces orateurs passionnés, qui ont su saisir les inflexions propres à émouvoir les âmes, imiter ou reproduire les signes liés par la nature à chacune des passions qu'ils veulent exciter. Tel est le pouvoir magique, non seulement de la parole articulée comme symbole de l'intelligence, mais de la voix acc-entuée comme sman de la sensibilité (Voyez le Mémoire sur les perceptions obscures). [Cette note a été recopiée par E. N. sur le Mémoire des Perceptions obscures. (P. T.)J

l'inégalité des longueurs des fibres de la lame spirale empêchent que les sons successifs ne se confondent ou ne rentrent les uns dans les autres.

2° La vibratilité de ces cordes harmoniques de l'instrument auditif sert aussi à conserver les impressions, après que leur cause a cessé d'agir, à lier dans les dilBférents instants du, temps les termes d'une suite mélodieuse, et enfin à les reproduire spontanément en l'absence de toute cause extérieure, comme sans le concours de la volonté : tous ejffets parallèles à ceux de la vision passive et qui, se fondant sur les mêmes lois de la sensibilité, étant également étrangers à celle de l'activité du vouloir ou du moi, justifient la réunion que nous avons faite de ces phénomènes en une seule classe.

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