MENT DE GÉNÉRALISATION
Eh vertti des deux iiiodeé de coordination ;^ar ressemblance ou simultanéité dans un espacé, qiii pàraissfetit propres à nos intuitions diverses, toutes celles qui ont été reçues à la fois par le mêrhe orgatie ou par des organes différents viennent se ranget bM se juxtaposer, suivant les lois de l'association, dails ttil ëeul tableail plus bu moins régulier, dont un seul trait reproduit suffit presque toujours pour représéritfer le tableau éntletf et compléter la perspective Iniàginaire. De là le mélaiige et l'espèce d'échange qui se fait continuellement entte les images répétées dans le sens interne^ et les intuitions présentés aux senë externes, hiélangë tel qtle l'individu se représente le plus souvent ce qu'il iihagine et coihriië il l'imagine, plutôt qu'il iie perçoitj et comme il le perçoit, ce qui est hors de lui. C'est ainsi qu'une multitude de jugements ou d'inductions par analogie, associées à là sensation, finissent par se confondre avec elle et eh deviennent comme des parties intégrantes dont il est impossible de la séparer.
Dans lé système actuel, l'être sentant assujetti à ces lois d'association spontanée, résultats nécessaires des dispositions prihùliives de la sensibilité bU des habitudes qui s'y conforment, ne peut encore lutter cOritte elle^, ni même s'en rendre compte. C'est à de telles assbciatibni=, toutes mécaniques et aveUgîés qu'elles pUisseht être, que vont se rattabhef les prethièrfeê idées générales; c'est là jieut-être que toutes nos élàssificatibnS scieiitî-
(1) La copie de la fin de la Sectioti BUbSiëte. (P; T.)
COMMENCEMENT DE GéNéRAUSATrCW 333
flqueâ prennent leur source, et qu'une sorte d'instinct de l'imagination exécute déjà aveuglément, comme au hasard, et dans un cerclé assez réttéci, un travail que l'intelligence sera bîeiitôt appelée à développer et à étendre indéfiniment, au moyen des signes qu'elle se créera.
Toutes ces associations précoces auxquelles l'imagination seule préside, avant même que l'activité perceptive entre régulièrement en exercice, tendent sans cessé à assimiler, à confondre et à rappeler à une sorte d'unité, qui a son tx^pe dans le inoi lui-tnêmé, les intuitions particulières qui ont entre elles le plus faible degré d'analogie.
Or ce rappel des éléments les plus disparates à l'unité de représentation ou de conception, encore bien vague sans doute, est déjà un procédé de généralisation. Ainsi l'enfant a déjà dans la tête l'archétype confus de l'idée générale ^amm€, quand il appelle tous les hommes papa. C'est ainsi que les premiers termes du langage deviennent si rapidement appellatifs ou commims, de propres ou individuels qu'ils étaient d'abord. Mais il importe bien d'abord d'obsei'ver que ce premier procéflé de généralisation, loin d'être le résultat du développement des facultés actives de l'intelligence, est au contraire un résultat des premières lois de l'imagination, passive ou encore subordonnée à la sensibilité. Il est bien évident, en effet, que moins l'attention prend part à une représentation quelconque, plus celle-ci est confuse ou indéterminée, plus elle est sujette par suite à se lier et se confondre avec toute autre qui aura le plus faible degré d'analogie ou de ressemblance avec elle. Or c'est précisément à cette liaison spontanée, fortuite et irrcgulière. qui détermine la transformation première des
noms propres en termes généraux ou appellatifs, que se rattachent déjà une multitude d'illusions, de préjugés, d'assimilations fausses et précipitées, que la raison aura dans la suite tant de peine à détruire ou à rectifier. Tels sont les principaux phénomènes relatifs à l'union du Tnoi avec les intuitions et les images correspondantes, la reproduction de ces images étant exclusivement subordonnée soit à des premières sensations, soit aux affections internes et spontanées de la sensibilité qui sont en liaison intime et habituelle avec lesdites images, comme nous allons le voir par d'autres exemples de faits relatifs au système actuel.