III. — Attributions modales. — Affections
COMPOSÉES avec LE RAPPORT D 'EXTÉRIORITÉ
Les qualités premières, dont nous venons de parler, sont constitutives de notre idée actuelle de corps étranger, et le jugement par lequel nous attribuons à tout ce que nous appelons corps la résistance, l'inertie, l'impénétrabilité, porte un caractère d'évidence et de nécessité, qu'il tient du fait même de la conscience et que toutes les subtilités du scepticisme ne peuvent altérer. Quant aux attributions des qualités appelées secondaires, elles ne sont qu'associées ou agrégées par simultanéité à l'idée de corps ou au rapport d'extériorité : ce sont de simples signes tandis que les premières sont les choses mêmes signifiées.
C'est par un grand abus de langage qu'on a nommé qualités secondaires des corps diverses sensations affectives qui ne sont, en aucune manière, ni par aucune illusion possible, attribuées au corps étranger comme ses qualités ou modifications. Quoi qu'en aient dit les philosophes, personne ne croit en effet que les sensations de chaud, de froid, de chatouillement ou de piqûre que nous éprouvons, en touchant un corps, soient dans ce corps, comme la résistance ou la force qui comprime