CONCLUSION DE LA SECTION TKOISIÈME
Par le développement des facultés comprises dans le système sensitif et de toutes les opérations qui en dépendent, dont nous avons fait l'analyse dans la seconde section, l'individu, modifié par les impressions des objets, apprend à connaître ce qu'il est comme être sentant, par rapport aux impressions qui le modifient, indépendamment de tout rapport de ces impressions aux objet qui les causent.
Dans l'exercice de la faculté d'attention, l'être actif qui compare apprend à connaître ce que les objets perçus sont entre eux et par rapport à lui ; mais les divers rapports de ressemblance dont il acquiert les idées sont inhérents aux modifications ou qualités comparées et changent ou varient avec elles. Ce sont de tels rapports que nous avons considérés dans cette section. Dans celle qui va suivre, nous montrerons la faculté de réflexion et celles qui en dérivent, appliquées à connaître ou à étudier ce que nous sonmies en nous-mêmes, indépendamment des autres êtres, et ce que ces êtres sont en euxmêmes, ou indépendamment de nous.
Le premier système, comme nous l'avons indiqué déjà ( 1 ), représente Tétat d'enfance voisin de celui d'anima-
(1) Â la fin de la section deuxième.
lité, où riiomme est conduit par les sensations. Le second représente la jeunesse, l'âge de Fimagination, des beauxarts, des sciences naturelles. Le troisième représente l'âge mûr, qui est celui de la philosophie et de la réflexion.
Par les facultés d'attention et de comparaison, nous ne pouvons obtenir que des idées de relation, dépendant de la nature des modifications et des impressions comparées. Par les facultés de réflexion et de raisonnement, nous concevons des notions et des rapports intellectuels indépendants des modes de la sensibilité, rapports qui resteraient les mêmes quand même les modes ou l'organisation dont ils dépendent seraient entièrement changés. Les psychologues se sont attachés à l'analyse spéciale des phénomènes compris dans les premiers systèmes et ils sont parvenus à une multitude de résultats intéressants sur les lois de ces phénomènes, sur les principes des sciences naturelles et les méthodes qui leur sont propres. Mais l'erreur a été de croire que toute la philosophie se bornait là, ou ne pouvait s'étendre plus loin que nos sensations et leurs résultats comparés. Nous chercherons à montrer le contraire. Nous avons déjà indiqué les notions et les rapports intellectuels indépendants des modes de la sensibilité. Il s'agit de les caractériser maintenant d'une manière plus expresse, en analysant les facultés dont ils dépendent.
Les opérations intellectuelles dont nous avons parlé précédemment supposent bien l'emploi des signes institués, mais en les recevant tout formés, comme des perceptions liées à d'autreâ perceptions ou idées : aucune d'elles ne serait propre à les instituer. Il s'agit donc de montrer d'abord comment la réflexion seule a pu et peut encore instituer les signes qui sont les instruments nécessaires de toute connaissance réelle.
SFCTÎON (jlATRÎKME SYSTÈME RËFLEXIF