‹ uvres de Maine de BiranChapitre 7 sur 63 · CHAPITRE n · texte numérisé non relu

CHAPITRE n

DES APFECnOXS PARTICULIÈRES

Au commencement de la rie, toutes les impressions reçues ont le caractère d'affections générales; elles se

^mmuniquent rapidement à toutes les parties du système affectif; tout irrite, choque et affecte des organes encore trop faibles et trop susceptibles. Ainsi le simple contact de l'air excite rudement la surface du corps; les rayons lumineux et sonores n'agissent sur les organes que par leur masse, et ils affectent la sensibilité générale, -ans pouvoir encore se localiser ou se coordonner dans leurs sens propres; toutes les impressions sont donc alors du genre des affections intérieures dont nous venons de parler. Mais, à mesure que l'affection générale s'affaiblit, Timpression particulière et locale sort de son obscurité première et donne naissance à des produits tout nouveaux. Bientôt les matériaux de la perception distincte sont prêts à être mis en œuvre, et n'attendent r>lus que lélément personnel nécessahe pour compléter les premiers phénomènes de la représentation extérieure. Parmi les différentes espèces d'impressions sensibles reçues par chacun de nos sens, les unes conservent toujours plus ou moins le caractère prédominant d'affections générales et sont toujours jusqu'à un certain

point tumultueuses ou confuses dans le système; les autres sont plus distinctes, ou plus disposées par leur nature même à se localiser ou se coordonner dans leurs organes propres. Celles-ci sont plus rapprochées du sens de l'effort ; elles sont plus aptes aussi à entrer ultérieurement en combinaison avec l'élément personnel, à admettre les formes de l'espace ou du temps qu'on a cru leur être inhérentes. Celles-là sont, ainsi que nous venons de le voir, toujours étrangères par elles-mêmes au vouloir, à la pensée ou au moi. Les formes perceptives qui s'y associent ultérieurement leur sont en quelque sorte accidentelles et toujours prêtes à s'en séparer.

Nous indiquerons successivement les caractères propres à ces différentes espèces d'impressions sensibles, les différences qui les séparent et les analogies qui ont déterminé leur réunion dans une même classe ou système. On doit se souvenir que la première de ces analogies consiste dans la passivité de ces affections, soit spontanées, soit produites par une cause quelconque interne ou externe, étrangère à la volonté.

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