LIVRE TROISIÈME. S
<le la Trinité ni de l'iDcarnaiion : cela leur suffil pour ne les pas croire et même pour dire, d'un air fier et libertin, de ceux qui les croient que ce sont des gens nés pour l'esclaTage. Un calviniste ne peut concevoir comment il se peut faire que le corps de Jcsus-Ghrist soit réellement présent au sacrement de l'autel dans le môme temps qu'il est dans le ciel, et de là il croit avoir raison de conclure que cela ne se peut faire, comme s'il comprenait parfaitement jusqu'oil peut aller la puissance de Dieu.
Un homme qui est même convaincu qu'il est libre, Vil s'échauffe fort la tête pour tâcher d'accorder la science de Dieu et ses décrets avec la liberté, il sera peut-être capable de tomber dans Terreur de ceux qui ne croient point que les hommes soient libres. Car d'un côté ne pouvant concevoir que la providence de Dieu puisse subsister avec la liberté de l'homme, et de l'autre le respect qu'il aura pour la religion l'empêchant de nier la providence, il se croira contraint d'ôter la liberté aux hommes ; ne faisant pas assez de réflexion sur la faiblesse de son esprit, il s'imaginera pouvoir pénétrer les moyens que Dieu a pour accorder ses dé' crels avec notre liberté.
Mais les hérétiques ne sont pas les seuls qui manquent d'attention pour considérer la faiblesse de leur esprit et qui lui donnent trop de liberté pour juger des
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obstinément attachés à leurs erreurs et de traiter les mystères de la foi comme des opinions humaines.
IV. L'agitation de l'esprit et les subtilités de Técole ne sont pas propres ;\ faire connattre aux hommes leur faiblesse, et ne leur donnent pas toujours cet esprit de soumission, si nécessaire pour se rendre avec humilité aux décisions de l'Église. Tous ces raisonnements subtils et humains peuvent au contraire exciter en eux leur orgueil secret; ils peuvent les porter à faire usage de leur esprit mal à propos et à se former ainsi une religion conforme à sa capacité. Ainsi ne voit-on pas que les hérétiques se rendent aux arguments philoso* phiques, et que la lecture des livres purement scolastiques leur fasse connaître et condamner leurs erreurs. Mais on voit au contraire tous les jours qu'ils prennent occasion de la faiblesse des raisonnements de quelques scolastiques pour tourner en raillerie les mystères les plus sacrés de notre religion, qui dans la vérité ne sont point établis sur toutes ces raisons «t explications humaines, mais seulement sur Tautorité de la parole de Dieu écrite ou non écrite, c'est-à-dire transmise jusqu'à nous par la voie de la tradition.
En effet la raison humaine ne nous fait point comprendre qu'il y ait un Dieu en trois personnes, que le cornsHfi .1i^.mis.rhrist soîi réellement dans l'eucharistie.