‹ Œuvres de Malebranche (volume 2)Chapitre 355 sur 415 · LIVRE SIXIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE SIXIÈME

Dans le second chapitre, il suppose d'abord certaines vérités péripatétiques. 1 . Que tous les corps naturels ont d'eux-mêmes la force de se remuer; ce qu'il ne prouve point ici ni ailleurs. Il assure au contraire, dans le premier chapitre du second livre de physique, qu'il est ridicule de s'efforcer de le prouver, parce que, dit-il, c'est une chose évidente par elle-même, et qu'il n'y a que ceux qui ne peuvent discerner ce qui est connu de soi* môme de ce qui ne l'est pas qui s'arrêtent à prouver ce qui est évident par ce qui est obscur. Mais on a fait voir ailleurs qu'il est absolument faux que les corps naturels aient dans eux-mêmes la force de se remuer, et que cela ne parait évident qu'à ceux qui^ comme Arislote, suivent les impressions de leurs sens et ne font aucun usage de leur raison.

Il dit, en second lieu, que tout mouvement local se fait en ligne droite ou circulaire, ou composée de la droite et de la circulaire. Mais, s'il ne voulait pas pen^ ser à ce qu'il avance témérairement, il devait au moins ouvrir les yeux, et il aurait vu qu'il y a des mouvements d'une infinité de façons différentes qui ne sont point composés du droit et du circulaire ; ou plutôt il devait penser que les mouvements composés des mouvements en ligne droite peuvent être d'une infinité de façons si l'on suppose que les mouvements composants augmen* tent ou diminuent leur vitesse en une infinité de façons différentes, comme l'on peut voir par ce qui a été dit auparavant ^ . 11 n'y a, dit* il, que ces deux mouvements simples, le droit et le circulaire : donc tous les mouvements sont composés de ceux-là . Mais il se trompe : le mouvementcirculairé n'est point simple ; on ne peutle concevoir sans penser à un point auquel le corps mû plutôt que ce mouvement a rapport, et tout ce qui en-'

1 Chapitre 40.

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