LIVRE PREMIER
lie ténèbres, qui ne conduit point à la lumière, maiaquî en éloigne toujours ; le second doute naît de la lumière, et il aide en quelque façon à la produire à son tour.
Ceux qui ne doutent que de la première façon ne comprennent pas ce que c'est que douter avec esprit; ils se raillent de ce que M. Descartes apprend à doutet dans la première de ses Méditations métaphysiques, parce qu'il leur semble qu'il n'7 a qu'à douter par fan« taisie, et qu'il n'y a qu'à dire en général que notre nature est infirme; que notre esprit est plein d'aveuglement; qu'il faut avoir un grand soin de se défaire de ses préjugés, et autres choses semblables. Ils pensent . que cela sufSt pour ne plus se laisser séduire à ses sens et pour ne plus se tromper du tout. Il ne sufût pas de dire que l'esprit est faible; il faut lui faire sentir ses faiblesses. Ce n'est pas assez de dire qu'il est sujet à l'erreur; il faut lui découvrir en quoi consistent ses erreurs. C'est ce que nous croyons avoir commencé de faire dans ce premier livre, en expliquant la nature et les erreurs de nos sens ; et nous allons poursuivre notre même dessein, en expliquant dans le second la nature et les erreurs de notre imagination.