XVI PRÉFACE
de toutes choses selon ses lumières intérieures, sans écouter le témoignage faux et confus de ses sens et de son imagination; et, s'il e^^amine à la lumière pure de la vérité qui Téclaire toutes les sciences humaines, on ne craint point d'assurer qu'il les méprisera presque toutes et qu'il aura plus d'estime pour celle qui nous apprend ce que nous sommes que pour toutes les autres ensemble.
On aime donc mieux exhorter ceux qui ont quelque iamour pour la vérité à* juger du sujet de cet ouvrage selon les réponses qu'ils recevront du souverain maître de tous les hommes, après qu'ils l'auront interrogé par quelques réflexions sérieuses, que de les prévenir par de grands discours qu'ils pourraient peut-être prendre pour des lieux communs ou pour de vains ornements d'une préface. Que s'ils se persuadent que ce sujet soit digne de leur application et de leur étude, on les priede nouveau de ne point juger des choses qu'il renferme par la manière bonne ou mauvaise dont elles sont exprimées, mais de rentrer toujours dans eux-mêmes pour y entendre les décisions qu'ils doivent suivre et selon lesquelles ils doivent juger.
Étant aussi persuadés que nous le sommes que les hommes ne se peuvent enseigner les uns les autres, et que ceux qui nous écoutent n'apprennent point les vérités que nous disons à leurs oreilles, si en même temps celui qui les a découvertes ne les manifeste aussi à leur esprit ^ nous nous trouverons encore obligés d'avertir ceux qui voudront bien lire cet ouvrage de ne point nous croire sur notre parole par in-
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sioD; car, encore qae l'on pense n'avoir rien avancé de nouveau qu'on ne l'ait appris par la méditation, on serait cependant bien filché que les aulres se contentassent de retenir et de croire nos sentiments sans les savoir, ou qu'ils tombassent dans quelque erreur, ou faute de les entendre; ou parce que nous nous serions trompés.
L'orgueil de certains savants, qui veulent qu'on les croie sur leur parole, nous parait insupportable! Ils trouvent à redire qu'on interroge Dieu après qu'ils ont parlé, parce qu'ils ne l'interrogent point eux-mêmes, ils s'irritent dès que l'on s'oppose à leurs sentiments, et ils veulent absolument que l'on préfère les ténèbres de leur imagination à la lumière pure de la vérité qui éclaire l'esprit.
Noos sommes, grâce à Dieu, bien éloignés de cette manière d'agir, quoique souvent on nous l'attribue. Nous ne regardons les auteurs qui nous ont précédés que comme des montVevrs. Nous serions bien injustes et bien vains de vouloir qu'on nous écoutât comme des docteurs et comme des maîtres. Nous demandons bien que l'on croie les faits et les expériences que nous rapportons, parce que ces choses ne s'apprennent point par Tap- {^icatîon de l'esprit à la raison souveraine et universelle; mais, pour toutes les vérités qui se découvrent dans les véritables idées des choses, que la vérité étemelle nous représente dans le plus secret de notre raison^ nous avertissons es s'arrête point à ce que nous croyons pas que ce soit un p parer à Dieu, en dominant a
* Voy. le livre de S. Aug. De Mi
«r*î>e lucem. Aug. in Psal, Non
lumen non participas ni^i ix x» ''