‹ Œuvres de MalebrancheChapitre 17 sur 229 · IV · texte numérisé non relu

IV

20 ' HECnERCHE DE LA VÉRITÉ.

qui nous doive porter à croire que les choses sont bonnes ou vraies, c'est-à-dire que nous ne devons point juger que les opinions sont vraies à cause qu'elles sont nouvelles, ni que des biens sont capables de nous contenter à cause qu'ils sont nouveaux et extraordinaires et que nous ne les avons point encore possédés ;

La troisième, que, lorsque nous sommes assurés d'ailleurs que des vérités sont si cachées qu'il est moralement impossible de les découvrir, et que les biens sont si petits et si minces qu'ils ne peuvent pas nous satisfaire, nous ne devons point nous laisser exciter par la nouveauté qui s'y rencontre, ni nous laisser séduire sur de fausses espérances. Mais il faut expliquer ces règles plus au long et faire voir que, faute de les observer, nous tombons dans un très-grand nombre d'erreurSé

III. On trouve assez souvent des esprits de deux humeurs bien différentes : les uns veulent toujours croire aveuglément, les autres veulent toujours voir évidemment. Les premiers, n'ayant presque jamais fait usage de leur esprit, croient sans discernement tout ce qu'on leur dit; les autres, voulant toujours faire usage de leur esprit sur des matières même qui le surpassent infiniment, méprisent indifféremment toutes sortes d'autorités. Les premiers sont ordinairement des stupides et des esprits faibles, comme les enfants et les femmes; les autres sont des esprits superbes et ^ libertins, comme les hérétiques et les philosophes.

Il est extrêmement rare de trouver des personnes qui soient justement au milieu de ces deux excès et qui ne cherchent jamais d'évidence dans les choses de la foi parune vaine agitation d'esprit, ou qui ne croient quelquefois sans évidence des opinions fausses touchant les choses de la nalure, par une déférence indiscrète et par une basse ^soumission d'esprit. Si ce

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