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moins la vanité, et que l'on est toujours dans Tespéranee d'y rencontrer le vrai bien que Ton désire.
Ainsi, quoique les conseils que Jésus-Christ, comme homme, comme auteur de notre foi, nous donne dans l'Évangile, soient beaucoup plus proportionnés à la faiblesse de notre esprit que ceux que le même Jésus-Christ, comme sagesse éternelle, comme vérité intérieure, comme lumière intelligible, nous inspire dans le plus secret de notre raison; quoique Jésus-Christ rende ces conseils agréables par sa grâce, sensibles par son exemple, convaincants par ses miracles, les hommes sont si stupides et si incapables de réflexion, même sur les choses qu'il leur est de la dernière conséquence de bien savoir, qu'ils n'y pensent presque jamais comme ils le doivent. Peu de gens voient la beauté de l'Évangile ; peu de gens conçoivent la solidité et la nécessité des conseils de Jésus-Christ; peu les méditent, peu s'en nourrissent et s'en fortifient, l'agitation continuelle de la volonté qui cherche le goût du bien ne permettant pas que Ton s'arrête à des vérités qui semblent l'en priver. Voici une autre preuve de ce que je dis.
IV. Les impies doivent sans doute se mettre fort en peine de savoir si leur âme est mortelle, comme ils le pensent, ou si elle est immortelle, comme la foi et la raison nous l'apprennent. C'est là une chose de la dernière conséquence pour eux, il y va de leur éternité, et le repos même de leur esprit en dépend. D'oii vient donc qu'ils ne le savent pas, ou qu'ils demeurent dans le doute, si ce n'est qu'ils ne sont pas capables d'une attention un peu sérieuse, et que leur volonté inquiète et corrompue ne permet pas à leur esprit de regarder fixement les raisons, qui sont contraires aux sentiments qu'ils voudraient être véritables? Car enfin est-ce une chose si difficile à reconnaître que la difterence qu'il y a entre l'âme et le corps, entre ce qui pense et ce qui