‹ Œuvres de Malherbe (volume 2)Chapitre 129 sur 359 · LIVRE VIL CHAPITRE IX. aaS · texte numérisé non relu

LIVRE VIL CHAPITRE IX. aaS

d^affaireSf ni m' engager au fond d'une bourbe d'où j'aie de la peine à me tirer. Pourquoi m'apportez-vous tout ce qu'il y a de mal et d'ordure sur la terre? Je ne prendrois pas ce que vous m'offrez , quand ce seroit pour le redonner aussitôt, parce qu'entre tant de choses, il y en a beaucoup que j'aurois honte qu'elles vinssent de ma main. Je me veux remettre devant les yeux F éclat de ces vanités , par qui tous les hommes du monde , et les rois même, sont éblouis. Je veux considérer ce qui est le prix de votre sang et de vos vies. Faites-moi venir premièrement les dépouilles de la luxure \ l'une après l'autre, on tout à la fois, comme vous aimerez le mieux. Je vois les compartiments élaborés d'une voûte, et des coquilles des plus vilains et plus paresseux animaux que produise la nature, qui ont coûté beaucoup d'argent, et où le peintre a si vivement contrefait cette bigarrure qui les recommande, que l'artifice ne diffère point du naturel. Je ▼ois des tables et des meubles de bois, qui ne valent pas moins que le revenu d'un sénateur, et qui sont d'autant jdus estimés, que la mauvaise fortune des arbres les a produits avec plus de nœuds. Je vois là des vases de cristal qui ne sont prisés que pource qu'ils sont fort fragfleSy et que le péril qui dût apporter le dégoût, en fait aattre le désir à ceux qui n'en savent pas bien user. J'en ?ois de porcelaine, parce que la luxure ne seroit pas servie à souhait si quelque vaisseau qui ne fût de prix recevoit œ qui doit incontinent être vomi. Je vois des perles , non ime à chaque oreille (car aujourd'hui les oreilles se sont accoutumées à la pesanteur) , mais par couples les unes an-dessus des autres. Les femmes n'a voient pas encore bien mené leurs maris pas le nez', s'ils ne leur eussent

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