I. Vau. (édit. de i63i) : Baillé à gage
a3ti TRAITÉ DES BIENFAITS DE SÉNÈQUE.
restime pas moins pour être demeurée au deçà de Texécution. C^lui qui a suivi les occasions, et qui comme il lui eu est échappé une a couru après Tautre, afin de vous pouvoir rendre ce qu'il avoit reçu de ifous, il a plus fait que celui qui sans sueur et sans peine n*a pas été sitôt obligé qu'il n'ait trouvé moyen de s'acquitter.
XV. Vous me dites qu'au bienfait il y a deux points, la volonté de donner, et la chose qui est donnée|>et que par conséquent il en faut deux à la revanche. Vous auriez raison de tenir ce langage à un pai*esseux, qui sans bouger d'une place penseroit assez faire de vouloir, mais non pas à un qui assemble à cette volonté tous les efforts qui loi sont possibles, et ne voit pierre qu'il ne remue pour s'acquitter ; car il ne tient pas à lui que l'effet n'accompagne la volonté. Davantage, il ne faut toujours estimer les choses au nombre; quelquefois une en vaut deux. C'est pourquoi, puisque l'impossibilité lui résiste, payez-vous de la grandeur de son affection. Que si toujours en la reconnoissance les effets sont nécessaires, à qui est-ce que les Dieux ne reprocheront l'ingratitude, puisqu'on ne leur peut rien offrir que la volonté? Oui, mais, direzrvous, les Dieux ne peuvent rien recevoir de nous. Il est vrai; mais si celui qui m'a fait plaisir pour la félicité de sa condition en est de même, pourquoi est-ce qu'il ne se contentera de la même satisfaction?
XVI. Toutefois si vous voulez que je vous die ce qui m'en semble, et que je me signe % je suis d'avis que l'un fasse compte d'avoir reçu la revanche, et que l'autre se souvienne qu'il n'en a point fait. Que l'un quitte, et que l'autre ne pense pas moins à payer. Que l'un die : « Je suis payé, »
1. Que je signe ma réponse. Malherbe traduit ainsi les mots latins : Si vis signare responsum.