LIVRE VIL CHAPITRE XXV. a
sîon d^y prendre plaisir. Il suffit de dire avec un langage qpii ne soit ni haut ni recherché * :
afin que lors il ait sujet de répondre : « Pourquoi ne m^auriez-vous fait plaisir? Jetois pauvre, misérable, chassé de mon pays, qui ne savois où m adresser; vous m*avez fait cet honneur de m'ouvrir votre maison. »
XXVI. Mais vous me direz que si j'y vais ainsi couvertement, il pourra dissimuler, et se pourra faire aussi qu'il ne s'en souviendra du tout plus. Qu 'est-il de faire '? Vons me faites une question certainement qui mérite bien d'être disputée, et où il sera temps de faire la fin de notre discours : En quelle façon il faut supporter les ingrats. P&isiblement, doucement et généreusement. Que jamais discourtoisie, oubliance ni ingratitude ne vous offensent en sorte que toujours ce ne vous soit plaisir d'avoir donné. Quelque injure que vous receviez, gardez qu'il ne vous échappe de dire : « Je voudrois n'en avoir rien fait. » Aimez même l'inféUcité de votre bienfait. Le moyen qu'il s'en repente toute sa vie , c'est que vous ne vous en repentiez du tout point. Ne vous en offensez point comme si c'étoit quelque chose de nouveau. Si cela ne fût advenu, vous auriez sujet de vous ébahir. L'un craint la peine, l'autre les frais, et l'autre le péril. L'un est diverti par une vilaine honte qu'il a que le rendre ne lui soit une confession d'avoir reçu; l'autre ne sait pas son devoir; l'autre est paresseux ; et l'autre a des occupations qui lui tiennent l'esprit ailleurs. Considérez conmie l'immense avi-