‹ Œuvres de Malherbe (volume 2)Chapitre 161 sur 359 · I . En latin : In meridianum spectaculum · texte numérisé non relu

I . En latin : In meridianum spectaculum

a8a LES ÉPITRES DE SÉNÈQUE.

fonneur, et en somme quelque passe-temps qui m^otât le goût des ciiiautcs qui se font aux spectacles des gladiateurs. Au contraire, tout ce que j 'a vois jamais vu de combats n'ctoit que miséricorde. On ne s'amuse plus à des bayes*; ce sont homicides et non autres choses. Ceux qui combattent n'ont rien que la chemise ; tout y est à découvert : aussi ne donnent-ils point de coups qui ne portent. Il y en a beaucoup qui y trouvent plus de -plaisir qu'aux ordinaires, ni qu'aux demandés ; et certainement ils ont raison , car le fer entre partout. U ne se parle ni de cascpie ni de bouclier; aussi de quoi servent-ils, ni toute cette dextérité qu'on apprend à Tescrime, sinon de dilayer' la mort de quelque moment? Au matin on £ût combattre les hommes avec des lions et des ours : mais à midi on leur met leurs spectateurs en tête. Aussitôt qu'il y en a un qui a tué son homme, on le met aux mains avec un autre cpii le tue ; et jamais on ne laisse le victorieux en repos, jusques à ce qu'un autre l'ait dépéché. Enfin le peuple ne s'en va point que tout ne soit mort : tout passe par le fer et par le feu ; c'est ce qui se fait tandis que le théâtre n'est point empêché. Si quelqu'un a &it une volerie, on le pend. S'il a tué, on lui fait souffrii' ce qu'il a fait. Mais toi, pauvre misérable, qu'as-tu fait qu'on t'ait condamné au spectacle de toutes ces inhumanités ? Tue, brûle, frappe. Pourquoi est-il si couard à s'enferrer? que n'estil plus hardi à tuer? que ne meurt- il plus volontiers? Ils reçoivent des coups s'ils refusent d'aller aux plaies, et faut que tous nus ils cherchent l'épée l'un de l'autre, et tâchent de la rencontrer. Le spectacle est-il cessé , pour faire toujours quelque chose on égorge des hommes; et cependant vous ne vous prenez pas garde que vous baillez un exemple qui peut tourner à votre préjudice. Vous avez

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