I. Éné'uU, liv. IX, Ters 44^ et suivants
claire et a trop de grâce pour lui chercher d'embellissement. Je vous avertirai seulement d'une chose : que ce qu'il a dît des richesses, se peut appliquer partout où vous vous en voudrez servir. Voulez- vous faire Pythoclès honnête homme? n'accroissez point ses honneurs, mais diminuez ses convoitises. Voulez-vous qu'il soit en une volupté perpétuelle? n'accroissez point ses voluptés, mais diminuez ses convoitises. Voulez-vous que sa vie soit longue? n'accroissez point ses années, mais diminuez ses convoitises. Toutes ces paroles ne sont point particulièrement à Épicure; elles sont publiques. Je tiens qu'il faut faire en la philosophie comme au sénat. Quand quelqu'un a dit quelque chose qui ne me platt qu'en quelque partie, je lui fais diviser son opinion, et me i*ange de son côté. Et puis j'allègue tout exprès Épicure, afin que ceux qui se voudroicnt jeter de son parti, pensant y trouver la couverture de leurs intentions vicieuses, sachent que de quelque côté qu'ils se tournent, il faut qu'ils se résolvent d*étre gens de bien et se comporter avec honneur. Quand ils iront pour se rendre dans ses jardins, et qu'ils verront écrit sur sa porte : Passant^ il y a bon logis céans : la ifolupté y est tenue pour souverain bien , après cela vous treuverez un concierge gracieux, qui vous traitera de bouillie * , et vous donnera de l'eau tout ce que vous en voudrez ; il vous dira : « £h bien ! ne vous fais-je pas bonne chère? On ne s'affame point en ces jardins, on s'y rassasie ; ce qu'on y boit ne provoque point l'altération, mais ôte la soif, avec un remède gratuit et naturel. » J'ai passé ma vie en cette volupté : je vous parle de ces désirs qui n'écoutent point de consolation, et à qui par force il faut donner quelque chose pour les apaiser ; car quant aux autres, qui se peuvent remettre à une autre