‹ Œuvres de Malherbe (volume 2)Chapitre 235 sur 359 · I. j4u forum,... ou dans la curie (au sénat · texte numérisé non relu

I. j4u forum,... ou dans la curie (au sénat

a. Chommer^ chunier. £ii latiu : S»pe ùonu materia cessât »lit artifice.

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les aime. Un maître est injuste, s'il demande plus qu*il ne faut. Où il y a de la crainte, il ne peut y avoir d'amour. Vous faites donc très-bien , à mon jugement, de ne vouloir point que vos serviteurs vous craignent, et de ne les chfttier, quand ils faillent, d autre chose que de paroles. Il est des occasions où il est nécessaire de fitipper ; mais ce n'est pas à dire qu'aussitôt qu'une mouche nous pique, il faille avoir le bftton en la main. La délicatesse nous amène ordinairement à cette rage, qu'aussitôt qu'il nous arrive quelque chose autrement que nous ne voudrions, nous entrons en colère, et voulons faire comme les rois, qui, bien qu'ils n'ignorent pas que par la grandeur de leur fortune ils sont hors de la portée de toutes injures, et que le reste du monde n'est que foiblesse auprès de leur force, toutefois, pour avoir sujet de faire déplaisir, se plaignent d'en avoir reçu. Je ne vous entretiendrai pas davantage, parce que je sais bien qu'il ne vous faut point de remontrances. Un homme de bien se plaît en sa prud'homie; il ne s'en divertit jamais; la malice, comme une girouette, se tourne tantôt d'un côté, tantôt de l'autre; et sans regarder si le change lui porte quelque avantage, pense toujours avoir assez fait d'avoir changé.

ÉPÎTRE XLVUI.

AmciTmiiT. — I. Le mal, comme le bien , doit être commmi entre les amis. — II. Les sages desireot le profit de leurs amis; et les fols ne fondent Tamilié que sur leur propre intérêt. — III. Fuir la sophisterie. — IV. La philosophie nous promet de nous faire égaux aux Dieux.

J'ai reçu de vous une lettre sur le chemin, aussi longue que le chemin même. J'en réserverai la réponse pour Malhbhbb. n 38

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une autre fois; car il n'est pas possible que je vous donne un bon conseil, que premièrement je ne me retire a part pour y penser. Je sais bien qu avant que me consulter, vous avez été longtemps à vous y résoudre. Je vous laisse donc à penser si je dois légèrement décider ce que vous avez eu de la peine à me proposer; puis il y a des considérations en moi, qui ne sont point en vous. Je parle en épicurien ; mais quoi que je die, rien ne me peut être considérable pour vous qu'il ne le soit pour moi.

I. Si ce qui vous touche ne me touche, je ne suis pas votre ami : nous ne devons rien avoir de séparé. Bien et mal, tout est partageable entre nous; tout nous est commun : aussi n'est-il pas possible qu'un homme vive heureusement, qui ne tourne les yeux que sur soi-même, et qui ne considère que son profit. Il faut que vous viviex pour un autre , si vous voulez vivre pour vous. Cette société, parce qu'elle nous mêle les uns aux autres, et nous apprend qu'il y a quelque droit universel entre les hommes, est saintement et religieusement observable; mais encore plus parce qu'elle sert à l'entretien de cette autre plus intime et plus étroite de laquelle je vous ai parlé. Si beaucoup de choses vous sont communes avec un autre à qui la seule humanité vous oblige, toutes le vous seront avec un ami Voilà, Lucilius, de quoi je voudrois que tous ceux-ci qui sont si subtils me fissent des leçons, et qu'ils m'apprissent plutôt ce que je suis obligé de faire, ou pour un ami, ou pour im homme, que non pas combien ces mots d'homme et d'ami ont de significations.

II. La sagesse et la folie me montrent des chemins différents; à laquelle me rangerai-je? quel parti êtes-vous d'avis que je prenne? La sagesse a de l'amitié à l'endroit de tous les hommes. La folie n'a pas même de l'huma-

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nité à Tendroit de ses amis. La sagesse se prépare pour Futilité de ses amis. La folie se prépare des amis pour son utilité.

m. Vous me tournez les paroles d*un sens à l'autre, et vous amusez à ranger les syllabes ; mais me voudriezvous bien faire croire que si je ne sais faire des interrogations captieuses, et des propositions véritables, tirer une conclusion fausse pour l'approbation d'un mensonge, que je ne pourrai connoitre ce que je dois fuir ou désirer? Je rougis de honte qu'en Tâge où nous sommes, nous nous jouons d'une chose de telle importance. Un rat est une syllabe; un rat mange le fourmage'; il s'ensuit donc qu'une syllabe mange le fourmage. Prenez le cas que je ne sache me défaire de cette surprise : en quel inconvénient tomberai-je, ou qu'est-ce qu'il m'en sera de pis? Ce sera peut-être que quelque jour, pensant prendre un rat au trébuchet, je n'y prenne une syllabe; ou que si je n'y prends garde, une syllabe ne mange mon fourmage. Mais peut-être cette conséquence semblera plus subtile et mieux tirée : un rat est une syllabe, une syllabe ne mange point de fourmage, un rat donc ne mange point de fourmage. O niaiseries vraiment dignes de petits enfants ! Est-ce pourquoi nous fronçons les sourcils? Est^-ce pourquoi nous nous laissons croître la barbe? Est-ce' que nous enseignons avec un visage si mélancolique et si rechigné?

rV. Voulez-vous savoir ce que la philosophie promet aux honmies? Conseil. L'un se voit prêt à mourir, l'autre n'a de quoi vivre ; l'autre est en peine pour la conservation de ses richesses, et l'autre envieux de celles d' autrui. Cettui-là craint sa mauvaise fortune ;cettui-ci est en ombrage pource qu'il voit que tout lui succède. Ses prospéri-

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