‹ Œuvres de Malherbe (volume 2)Chapitre 266 sur 359 · I. En part ^ voyez p. 3a8, note i · texte numérisé non relu

I. En part ^ voyez p. 3a8, note i

494 LES ÉPtTRES DE SÉNÈQUE.

c*est de les mépriser. Quant à Démétrius, il ne vit pas comme les méprisant, mais comme les ayant baillés aux antres pour en user.

ÉPÎTRE LXm.

AliGTTinHT. •— I. Qu*il ne faut pas s'affliger démesarément en la mort d*tt]i ami. — II. Le pleurer excessif est platôt marque de vanité, et de Touloir être estimé affligé, que d'une vraie amitié. — ni. Le temps est un remède aux ennuis que la raison n'a pa guérir. — rV. Sénèque se blâme soi-même de s'être laissé vaincre à la douleur, en la mort d'Annéus Sérénus.

I. Vous TOUS affligez de la mort de votre ami Flaccus. Mais si faut-il que votre douleur ait des bornes. Je sais bien que vous ferez mieux de ne vous en fâcher du tout point. Toutefois c'est chose que je ne m'ose promettre de vous, parce que cette résolution est d'un homme plus ferme, et plus relevé sur la fortune que vous n'êtes. Je ne dis pas que cet accident n'eût touché le plus sage qui soit au monde ; mais il n'eût fait que le toucher. Pour nous, nous faisons beaucoup, quand n'ayant pas de la force assez pour ne pleurer point, nous en avons assez pour ne pleurer que de mesure. Puisqu'il est impossible qu'on n'ait de l'eau dans les yeux en la perte d'un ami, pour le moins il n'y faut pas avoir des rivières; il faut qu'il sorte des larmes, mais non pas la bonde ^. Ne pensez point que ma lettre soit trop lîgoureuse, vu que le plus grand des poètes grecs, veut que tout deuil s'achève en un jour, et remarque même que Niobé, une des plus désolées

I . Sénèque dit simplement : Nec sicci sint ocuii amisso amico, née fluant ; lacrimandum est^ non plorandum.

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