I. Dans l'édition de if>45 : « tirer Tancrc
mort ou qu'il la reçoive, qu'elle vienne tard ou de bonne heure. Il sait bien qu'il ne sauroit beauooap perdre d'une chose qui ne vient que goutte à goutte. L'importance n'est pas de mourir tôt ou mourir tard, mais de mourir bien ou mourir mal. Qui meurt bien se met hors du danger de vivre mal. Et pour ce je trouve que ce Rhodiot* parla plus en femme qu'en homme, qai ayant été mis en une cage par un tjran , qui le faisoit nourrir là dedans en béte sauvage, comme quelqu'un de ses amis lui conseilloit de se laisser mourir de faim, lui répondit que tant qu'un homme vivoit, il ne se devoit jamais désespérer de rien.
III. Quand cela seroit vrai, si est-ce qu'on me pourroit bien mettre la vie à si haut prix, que je n'en voudrois point, n est dea choses bien précieuses, que quand je serois assuré de les avoir en faisant une si vilaine oonfession de ma lâcheté, j'aimerois mieux ne les avoir pas. Pourquoi considérerai-je plutôt que sur celui qui vit là fortune peut toutes choses, que je ne considérerai que sur celui qui sait mourir la fortune ne peut rien? Si est-ce pourtant que quelquefois, encore que je me voie la mort toute assurée, et que je sois sur le point de recevoir le supplice qui m'est destiné, je ne prêterai point la main à ma punition : c'est une folie de mourir, de peur de It mort. Voici venir celui qui vous doit tuer, ayez patience : pourquoi le prévenez- vous, et pourquoi vous faites-voos procureur de la cruauté d'autrui? Est-ce que vous portez envie à votre bourreau, ou que vous lui voulez épai^gner sa peine? Socrate pouvoit bien prévenir la ciguë par l'abstinence; et cependant il fut trente jours prisonnier, attendant la mort d'une heure à l'autre, non pas en cette intention, que tout étoit possible, et qu'en si